La pression reste palpable sur le géant Lactalis. Après l'annonce récente du rappel de plusieurs lots de lait infantile, l'entreprise se retrouve au cœur de la controverse, aux côtés de son rival suisse Nestlé. À la sortie d'un supermarché de Saint-Berthevin, dans l'agglomération de Laval, de nombreux clients expriment leur indignation.
"C'est pas la première fois", déclare Marianne, une habitante de cinquante ans, choquée par ce scandale. En début d'année, une toxine a été constatée dans le lait infantile déshydraté commercialisé par Lactalis et Nestlé, sous les marques Picot, Guigoz et Nidal. À la suite des décès de nourrissons jugés suspects à Bordeaux et Angers, deux enquêtes ont été ouvertes pour examiner les conséquences de la consommation de ces laits.
La toxine céréulide, liée à la bactérie bacillus céréus, provient d'une huile d'un fournisseur chinois utilisée dans la fabrication des laits infantiles. Cette substance, qui peut déclencher des vomissements et des diarrhées, a conduit au rappel d'importants lots dans 18 pays.
Laurent, un autre consommateur, ajoute : "Les grandes entreprises semblent souvent ignorer les règles. Bien que je n’utilise plus de lait infantile pour mes enfants, ces marques étaient réputées, vendues même en pharmacie. J'aurais pensé que des produits plus chers seraient mieux contrôlés."
Un collectif pour défendre les parents et les enfants
Face à la colère des parents, l'association Intox Alim a constitué le ''Collectif céréulides laits Nestlé'', pour recueillir des témoignages et informer les familles. Sabine Bernard, présidente d'Intox Alim, appelle à conserver les pots de lait et, si possible, à congeler les selles des enfants pour “préserver des preuves” afin de ne pas se fier aux services client des industriels.
Dans un communiqué du 22 janvier, le ministère de l'Agriculture a déclaré : "À ce jour, tous les fabricants mondiaux de lait infantile doivent analyser le risque de chaque lot en circulation, même si aucune preuve d'un lien entre la consommation de ces laits et des symptômes chez les nourrissons n’a été établie."
Lactalis pris au dépourvu
Interrogé, Lactalis s'est défendu en affirmant que le rappel ne concernait que 0,3% du marché infantile en France, précisant que le problème est lié à un ingrédient défaillant fourni par un partenaire et non aux conditions de fabrication. Le géant a aussi affirmé que les laits infantiles sont soumis à de strictes analyses.
Lactalis tente de rassurer les parents, en précisant que l'ingrédient incriminé est utilisé dans certaines recettes seulement. La production de lait infantile se poursuit avec d'autres fournisseurs non concernés par l'alerte, bien que la toxicité de la céréulide continue de susciter des inquiétudes parmi de nombreux scientifiques qui craignent pour la santé publique.
Cette situation marque un tournant dans la perception des géants de l'agroalimentaire. Les familles restent vigilantes, espérant que de meilleures régulations garantiront la sécurité des produits destinés à leurs enfants.







