Entre le 12 et le 16 janvier 2026, un procès sans précédent se tiendra à la cour criminelle de Loire-Atlantique pour examiner le tir mortel d'un brigadier-chef de la compagnie républicaine de sécurité (CRS) de Bergerac. Près de huit années après le drame survenu le 3 juillet 2018, qui a coûté la vie à Aboubacar Fofana, âgé de 22 ans, le policier retraité, Rabah Hadjadji, âgé de 59 ans, a été condamné à sept ans de prison ferme pour des violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Ce verdict a provoqué une onde de choc et fait l'objet d'un appel, entraînant la tenue d'un nouveau procès devant une cour d'assises.
Dans les débats, la question de la légitimité des forces de sécurité face à l'usage des armes refait surface. Lors de l'incident tragique, le CRS a tiré sur Fofana après un contrôle routier qui aurait duré environ vingt minutes, et après que le jeune homme ait tenté de fuir en marche arrière, ce qui aurait mis en danger des enfants, selon les déclarations des forces de l'ordre. La balle de 9 mm a atteint le cou de Fofana, entraînant sa mort instantanée.
Le verdict a suscité des réactions divergentes au sein de l'opinion publique et des avocats. Laurent-Franck Liénard, l'avocat de la défense, a qualifié la sentence de "verdict inhumain", remettant en question les exigences légales entourant l'usage de la force par les agents de l'État. De son côté, le procureur a souligné la nécessité d'établir des limites claires à l'égard des actions entreprises par des membres des forces de l'ordre, notamment lorsque la vie d'un civil est en jeu.
Ce procès met en lumière des enjeux cruciaux tant au niveau de la justice que de la confiance du public envers les forces de sécurité, comme l'indique Jean-Claude Raymond, criminologue à l'Université de Nantes. Selon lui, "la société se doit de réfléchir aux implications d'un système qui pourrait faciliter des actes violents au sein de la police sans accountability." La question de la transparence et de la régulation des pratiques policières devient dès lors essentielle.
Par ailleurs, le reportage de Ouest-France a révélé des détails supplémentaires concernant le comportement des forces de l'ordre lors de l'incident, suscitant des questionnements sur les protocoles en place pour gérer des situations potentiellement explosibles.
Ce procès, fort de ses enjeux sociétaux, continue de faire débat et reste à suivre de près dans les semaines à venir, alors que tous les regards seront focalisés sur les conseils juridiques et les décisions au sein de la cour d'assises.







