La cour d’assises de Vendée a prononcé la condamnation d’Emmanuel Abayisenga à une peine de trente ans de réclusion pour l'assassinat du père Olivier Maire, survenu en août 2021. Le tribunal a rejeté l'argument de l'altération du discernement, estimant qu'Abayisenga était pleinement responsable de ses actes.
Lors de son réquisitoire, l'avocate générale a qualifié l'accusé de « criminel sans foi ni loi » et a demandé une peine de prison à perpétuité. « Depuis son arrivée en France, Emmanuel Abayisenga n’a cessé de mentir », a-t-elle ajouté, soulignant la gravité de ses comportements.
Agé de 45 ans, Emmanuel Abayisenga n’a pas réagi durant les quatre jours de procès, choisissant de garder le silence. Son avocate, Me Maud Navenot, a indiqué que la question de sa responsabilité pénale était cruciale, faisant écho aux préoccupations soulevées par l'accusation.
Processus judiciaire tendu
Le procès a été marqué par des déclarations parfois incohérentes de l'accusé. Abayisenga a, par exemple, prétendu que le prêtre avait cherché à lui « castrer » pour remédier à ses problèmes de santé, tandis que d'autres affirmations évoquaient des violences physiques subies lors d'un incident avec le prêtre.
Les avocats des proches d'Olivier Maire ont exprimé leur indignation face aux propos tenus en défense, qualifiant ceux-ci d' « injurieux » et soulignant que la réalité de la mort du prêtre était bien plus tragique. « Le dernier coup porté à Olivier Maire s'est produit alors qu'il était déjà à terre. La brutalité de l'acte est insupportable », a déclaré Me Céline Party.
En août 2021, alors qu'il était sous contrôle judiciaire à la suite d'un incendie à la cathédrale de Nantes, Abayisenga a contacté les autorités pour se rendre. Les enquêteurs ont ensuite découvert le corps du père Maire, 61 ans, dans des conditions tragiques.
L'accusé avait précédemment été condamné à quatre ans de prison pour cet incendie et avait également connu des difficultés liées à sa demande d'asile en France après avoir fui le Rwanda. Bien qu’il ait revendiqué des expériences traumatisantes, un membre de sa famille a démenti ces récits.
La mort d'Olivier Maire a provoqué une onde de choc, même au sein de l'Église catholique. Le pape François a exprimé sa douleur face à ce drame qui, depuis a suscité une réflexion sur la sécurité et le soutien psychologique des prêtres et bénévoles.







