Indispensable pour le soutien des victimes, le service dédié dans l'hôpital du Mans souffre d'un manque de ressources qui limite sa capacité à fonctionner efficacement. La députée Elise Leboucher a récemment visité ce service dans le cadre d'une mission parlementaire sur les coûts liés aux violences sexistes.
Depuis le 1er décembre 2025, les fauteuils roulants bénéficient d'un remboursement total par la Sécurité sociale, une réforme destinée à rendre ces équipements coûteux plus accessibles. Cependant, la complexité administrative de cette démarche crée des obstacles imprévus pour les bénéficiaires.
Au Mans, l'Association pour le prêt d’appareillage aux malades et handicapés (APPAMH) constate que beaucoup d'usagers préfèrent renoncer à des modèles adaptés en raison des longues formalités et des délais d'attente. Pour obtenir le fauteuil spécifique, les patients doivent maintenant remplir un formulaire de dix pages, un vrai défi qui impacte tant les usagers que les médecins généralistes. "Les retours que nous avons reçus montrent qu'il faut presque une heure pour remplir ce dossier", souligne Pascale Cottereau, la directrice de l’APPAMH.
Une fois la demande soumise, l'utilisateur n'obtient pas immédiatement son fauteuil, car il doit d'abord passer par une période d'essai à domicile où deux modèles comparables doivent être testés pendant une semaine, entraînant ainsi un retour chez le médecin généraliste pour évaluer le choix effectué. Ce processus nécessite au minimum deux rendez-vous médicaux, un véritable défi dans un secteur médical comme la Sarthe où les praticiens sont rares.
Face à ces exigences, près de 66 % des demandeurs optent pour un modèle basique, jugé moins ajustable mais plus facilement accessible avec juste une prescription médicale. "Certaines personnes choisissent cette option, même si ce n’est pas idéal, car cela simplifie leur parcours", ajoute Pascale Cottereau.
Conscientes de ces freins, les députées Marietta Karamanli et Elise Leboucher ont décidé de solliciter la ministre de la Santé afin de proposer une simplification des procédures. Selon Elise Leboucher, des ajustements sont possibles sans avoir à modifier la loi : "Des décisions réglementaires peuvent être prises, en collaboration avec les acteurs concernés, afin de fluidifier le processus de demande et d'acceptation des fauteuils roulants".







