Les célèbres minibus colorés de Titi Floris, visibles sur les routes de Loire-Atlantique, ont transporté depuis deux décennies les élèves en situation de handicap. Cependant, à la prochaine rentrée, un changement survient : le Département a décidé d'opter pour d'autres entreprises à la suite d'un appel d'offres renouvelé.
Cette décision a été ressentie avec amertume au siège d'Orvault. En effet, Titi Floris connaît un fonctionnement atypique en tant que SCOP, où les employés deviennent des actionnaires. Étienne Saget, conducteur accompagnateur, souligne : "Nous ne transportons pas simplement des colis, mais des personnes fragiles".
Étienne Saget met en lumière la valeur de l’expérience d’une entreprise locale : "Etant ancrés depuis 20 ans sur ce territoire, nous sommes face à des entreprises extérieures qui privilégient le profit. Si elles échouent, qu’adviendra-t-il des enfants ?" Il exprime ses craintes quant à la qualité du service, affirmant : "En rognant sur les coûts, on rogne sur la qualité des services".
Une belle entreprise en péril
Morgane Fontaine, salariée de Titi Floris depuis 15 ans, partage le sentiment de perte : "Nous allons quitter une belle entreprise pour rejoindre des structures qui n'ont pas la même philosophie". Avec les 250 conducteurs de Titi Floris repris par les nouveaux contractants, l'inquiétude persiste quant à la continuité du service et la gestion des transports des enfants.
Boris Couilleau, le PDG de Titi Floris, reçoit de nombreux retours de parents mécontents, dont un exemple poignant d’une mère insatisfaite des services d'Eco Shuttle, un des nouveaux prestataires : "Les changements fréquents de chauffeurs ne nous ont pas été communiqués, nous nous retrouvons souvent à devoir emmener nos enfants nous-mêmes".
Des recours en cours
Face à cette situation, Boris Couilleau envisage de porter l'affaire devant le tribunal administratif, rappelant un incident antérieur avec la société Expotrans, qui avait laissé ses employés sans salaire. Sa déception est palpable : "Je n'ai guère d'espoir de succès dans ce recours".
Position du Département de Loire-Atlantique
Le Département, quant à lui, défend sa position, affirmant avoir suivi les directives de l'appel d'offres : "Nous avons respecté les exigences du code des marchés publics, établissant des critères techniques, sociaux, environnementaux et économiques", a-t-il déclaré par le biais d’un communiqué relayé par ICI Loire Océan.
Les autorités soulignent qu'il est crucial de ne pas favoriser une entreprise simplement en raison de son ancrage local, affirmant que les mêmes règles s'appliquent à toutes les entreprises compétitives.







