Thierry Brulavoine, fondateur du Collectif Espoir 79, applaudit la proposition de loi discutée à l'Assemblée nationale, qui vise à allonger le délai de prescription pour le délit de non-dénonciation concernant les actes de violence sur mineurs. C'est un nouveau pas vers la reconnaissance des victimes et surtout vers une société qui ne tolère plus ces agressions, déclare-t-il.
Brulavoine, qui suit de près les avancées législatives issues de l'affaire Bétharram, prévoit d'assister aux débats pour se tenir informé des évolutions du projet. Selon lui, cette législation est le fruit d'une enquête parlementaire couplée à un premier projet de loi déjà introduit, témoignant d'un réel changement d'attitude vis-à-vis des victimes.
Il insiste sur l'importance de cette initiative, soulignant que la reconnaissance par l'État de ses échecs concernant le contrôle des établissements privés catholiques est essentielle. La journée nationale d'hommage aux enfants victimes de violences, fixée au 19 novembre, symbolise également ce tournant. Il s'agit d'ancrer dans l'esprit des adultes que les abus envers des mineurs ne peuvent rester impunis, ajoute-t-il.
Mettre fin aux omerta et ne plus protéger les agresseurs
Pour Brulavoine, l'article neuf de cette proposition de loi a une signification profonde. Étant lui-même un ancien survivant d'actes de pédocriminalité dans un collège privé dans les années 1980, il sait à quel point ces problématiques ont été ignorées dans le passé. Lors de son instruction, il a découvert que la direction de l'établissement était au courant des agressions depuis 1990 mais qu'elle avait choisi de dissimuler ces faits, préférant que l'agresseur suive une thérapie plutôt que d'informer les autorités compétentes.
Ce projet de loi se fixe pour objectif de faire disparaître toutes les omerta qui favorisent l'impunité des pédo-criminels. Une des dispositions prévoit que tous les ministres du culte soient tenus de signaler les abus, même s'ils ont été relayés lors de confidences religieuses. Toutefois, le Rassemblement national s'y oppose, qualifiant cette mesure d'attaque inacceptable contre les institutions religieuses.
Thierry Brulavoine espère que cette législation marquera un tournant décisif, permettant une protection accrue pour les victimes et un meilleur soutien de la société face à ces enjeux cruciaux.







