L'association Anticor, engagée dans la lutte contre la corruption, a décidé de demander qu'un juge d'instruction enquête sur Jordan Bardella, le président du Rassemblement National (RN). Ce dernier est accusé d'avoir occupé un poste fictif d'assistant parlementaire au Parlement européen et d'avoir produit de faux documents.
Le RN se défend, dénonçant ce qu'il qualifie de "manipulation" et affirmant que Bardella n’a rien à se reprocher. À ce jour, il n'a pas été poursuivi pour les allégations entourant les emplois supposés fictifs au sein de son parti.
Si la demande d'Anticor venait à être acceptée, cela ouvrirait un nouveau front judiciaire pour le RN, alors que la cour d'appel de Paris doit se prononcer le 7 juillet sur l'inéligibilité de Marine Le Pen dans une affaire similaire.
Une réaction du RN a été communiquée à l'AFP, insistant sur le fait que Bardella n’a pas été inquiété dans cette affaire. "Les procédures pénales annoncent le printemps électoral. Il s’agit de la même affaire dont Bardella sortira indemne", a affirmé un porte-parole du parti.
Anticor a déjà déposé une première plainte en janvier, actuellement sous l'examen du parquet de Paris. Cette plainte, relayée par le Canard Enchaîné, vise au moins sept personnes, dont Bardella, pour détournement de fonds publics, faux et escroquerie, entre autres.
L'association affirme que Bardella doit sérieusement répondre sur son rôle en tant qu'assistant parlementaire de Jean-François Jalkh pendant quatre mois et demi en 2015. Anticor réclame également qu'un magistrat enquête sur les documents que Bardella et ses proches ont produits pour justifier de son travail.
Elle s'appuie notamment sur les investigations menées par Tristan Berteloot, journaliste au Canard Enchaîné, qui a mis au jour des éléments soupçonnés d'être falsifiés, comme un agenda et des revues de presse annotées bien après l'époque concernée.
En mars 2025, Bardella avait perdu un procès en diffamation contre Libération, qui l'avait qualifié d'"assistant parlementaire fantôme").
Anticor a annoncé qu’elle déposerait prochainement plainte avec constitution de partie civile, une étape qui pourrait conduire à l’interpellation d’un juge d’instruction.
L'enquête sur les assistants parlementaires indique que des membres du RN pourraient avoir produit de faux documents pour dissimuler des détournements de fonds. "Il est essentiel que ces allégations soient examinées sérieusement pour garantir que personne ne bénéficie d'une impunité", a souligné l'association.
L'avocat d'Anticor, Me Jean-Baptiste Soufron, a noté l'importance de l'implication d'associations comme la sienne dans ce genre de affaires. "Il est crucial que cette investigation soit menée", a-t-il déclaré.
En réponse à une demande de l'AFP, le parquet a précisé qu'il ne pouvait progresser dans l'étude de la plainte déposée en janvier tant que les éléments liés à l’affairé principale demeuraient sous scellés.
Une autre association, Adelibe, a également déposé une plainte similaire contre Bardella en 2025 et a exprimé sa volonté de voir une enquête ouverte.
Par ailleurs, le président du RN fait face à une autre enquête concernant de possibles fraudes liées à des formations aux médias reçues lors de la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2022, une accusation que le parti conteste fermement.







