Lors du 9e Congrès mondial contre la peine de mort à Paris, le président Emmanuel Macron a exprimé son inquiétude face à la résurgence des appels au rétablissement de la peine capitale en France. «La bataille pour l’abolition est éminemment contemporaine parce qu’aujourd’hui, dans nos sociétés, ce débat revient,» a-t-il déclaré, soulignant que «rien n'est acquis» après 45 ans d’abolition.
Macron a observé que «beaucoup se remettent à penser que la peine de mort pourrait être une réponse dans une confusion de principes et de langage». Selon lui, il est vital de rappeler que l'abolition n'est pas une évidence. En effet, des défis persistent dans de nombreux pays, et la lutte contre la peine de mort constitue un «combat existentiel pour nos sociétés démocratiques».
Ce sujet émerge fréquemment en France, particulièrement après des tragédies comme les meurtres récents de la petite Lyhanna et du jeune Louis. Un sondage réalisé par l'institut CSA pour CNEWS, Europe 1 et le JDD a révélé que 68 % des Français souhaiteraient un référendum sur la réintroduction de la peine de mort pour les crimes touchant les enfants.
Macron a fermement déclaré : «La peine de mort n'a jamais rendu une société plus sûre. Jamais. Parce qu'elle ne dissuade pas. Cela a été montré, observé, mesuré». Il a ainsi mis en évidence que cette pratique, souvent défendue par des régimes autoritaires, ne possède pas la valeur dissuasive qu'ils lui attribuent.
Bien que 114 pays aient définitivement abandonné la peine capitale, certaines nations connaissent une «résurgence des exécutions, utilisées comme outils de répression politique et de contrôle social», affirme Isabelle Lonvis-Rome, ambassadrice française pour les droits de l'homme. Macron a insisté sur l'idée que chaque individu, peu importe ses actes, a le droit d'appartenir à notre humanité, une notion essentielle pour nos démocraties.
Selon l’ONG Ensemble contre la peine de mort (ECPM), organisatrice du congrès, des pays comme la Chine, l'Iran, l'Arabie saoudite et l'Irak figurent parmi les plus actifs en termes d'exécutions. En 2025, l'Iran a battu un record avec au moins 1.639 exécutions, un chiffre alarmant selon l’association Iran Human Rights, basée en Norvège, et ECPM.







