Ce mardi, à l'Assemblée nationale, une vive confrontation a eu lieu entre le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et les députés écologistes sur les impacts tragiques de la canicule et la réponse du gouvernement face au changement climatique. Les écologistes, préoccupés par une potentielle hécatombe, ont annoncé la soumission d'une motion de censure.
Le Premier ministre a jugé "scandaleux" le chiffre de "10.000 morts" avancé par les écologistes, réagissant à une déclaration de la députée Sandrine Rousseau. Celle-ci avait précédemment exprimé que le pays pourrait faire face à un tel bilan dévastateur, incitant le gouvernement à agir sans tarder. En revanche, les écologistes ont affirmé qu’ils ne prétendaient pas que ce nombre représentait un bilan réel, mais plutôt une crainte face à l'avenir.
"C'est la première fois que je sors de mes gonds", a déclaré Lecornu, fustigeant l'opposition pour avoir communiqué des chiffres erronés. Ce faisant, il a insisté sur l'effort déjà mis en œuvre par le gouvernement pour traiter des crises environnementales. Le directeur général de l'AP-HP, Nicolas Revel, a ajouté que bien qu'il ne s'attende pas à un bilan aussi grave qu'en 2003, il semble probable que le nombre de décès lié à la chaleur dépassera les 5.700 enregistrés en 2025.
Concernant la commission d'enquête demandée par les écologistes sur l'adaptation face aux changements climatiques, Lecornu a laissé entendre que leurs conclusions pourraient se retourner contre eux. "Il n'y a pas d'inaction", a-t-il affirmé, mais plutôt un besoin d'accélération dans les initiatives.
Cyrielle Chatelain, cheffe de file des députés écologistes, a rétorqué avec force que son groupe déposerait une motion de censure, dénonçant "l'impréparation" du gouvernement face à la canicule actuelle et à celle à venir. "Sous votre gouvernement, la canicule s'est transformée en violence politique", a-t-elle lâché.
Le soutien à cette démarche vient également de la France Insoumise, puisque les écologistes ne disposent pas du nombre suffisant de députés pour activer le 49.2. Par ailleurs, le Premier ministre a réaffirmé que l'État était actif à chaque crise, tout en critiquant les attaques contre le Fonds vert, qui a subi une réduction significative des financements, mettant en péril l'adaptation des collectivités face au changement climatique.
Le groupe socialiste du Sénat a de son côté réclamé un débat parlementaire sur les conséquences des phénomènes climatiques, appelant à plus d'actions concrètes face à cette crise d'envergure. La question du financement des projets nécessaires à l'adaptation fait donc couler beaucoup d'encre, alors que le pays fait face à des enjeux environnementaux cruciaux.







