L'association de lutte contre la corruption, Anticor, a annoncé qu'elle allait officiellement demander l'ouverture d'une enquête à l'encontre de Jordan Bardella, accusé d'avoir occupé un emploi fictif au sein du Parlement européen. Cette démarche survient alors que le procès en appel concernant les emplois présumés fictifs de son parti, le Rassemblement National (RN), doit se tenir le 7 juillet.
Selon des sources proches du dossier, Anticor, qui est habilitée à saisir la justice dans ce type de situation, a déposé plainte en janvier contre plusieurs personnes, dont le président du RN. La plainte vise notamment des accusations de détournement de fonds publics, de faux documents et d'escroquerie au jugement.
Bien que Jordan Bardella n'ait pas été directement concerné dans l'affaire des assistants parlementaires, Anticor souhaite qu'un juge d'instruction enquête sur ses activités en tant qu'assistant parlementaire de Jean-François Jalkh entre 2015 et 2016. Les éléments de preuve que l'association considère comme douteux, tels qu'un agenda et une revue de presse, suscitent des interrogations sérieuses sur la véracité des attestations de travail fournies par Bardella.
Le RN a, de son côté, rejeté les accusations en qualifiant la démarche d‘Anticor de "manipulation politique" visant à entacher la réputation de ses membres, affirmant que Bardella n'avait rien à se reprocher dans cette affaire. "Les procédures pénales lancées maintenant correspondent à une volonté de nuire," a déclaré un représentant du parti.
Anticor se base aussi sur le travail du journaliste Tristan Berteloot, qui a mis au jour plusieurs irrégularités concernant les documents utilisés par Bardella. L’association estime que des preuves solides justifient l'initiation d'investigations approfondies, qui pourraient potentiellement mettre fin à l'impunité dont bénéficie l'actuel eurodéputé, qui occupe actuellement la tête de liste du RN.
Le parquet de Paris a indiqué qu'il ne pourrait avancer dans ce dossier tant que les documents en question restent sous scellés dans le cadre de l’enquête principale.







