« Un hommage national ne peut exclure personne. » Au lever du jour, lors de la cérémonie de panthéonisation de Marc Bloch, Guillaume Tabard, chroniqueur au Figaro, a cherché à faire preuve d'une vision élargie. Cependant, la famille de cet historien et résistant a exprimé son souhait de ne pas voir des représentants des religions, rappelant que Marc Bloch était athée et ne se revendiquait juif que face à un antisémite ou à l'extrême droite, soulignant un passé qui, historiquement, se recoupe souvent.
Le Rassemblement national, manifestement sensible à ce débat, a choisi de s'absenter. Tabard insiste alors : « La victoire posthume de l'historien, assassiné par la Gestapo et exclu par l'État français, serait poignante si l'hommage n'était qu'une exclusion d'une part de la nation actuelle. » Honorer l'auteur de L'Étrange Défaite est un rappel crucial sur l'importance de la mémoire et de la lucidité dans nos discours contemporains, affirme-t-il.
Des experts, comme l'historien Jean-Pierre Azéma, ajoutent que cette cérémonie de panthéonisation ne doit pas occulter les travers et les complexités de l’histoire française, notamment les rôles ambivalents qu’ont pu jouer certaines factions politiques à différentes époques. Il souligne que « la réconciliation avec notre passé nécessite une honnêteté sans précédent. »
Les sentiments entourant l’héritage de Marc Bloch, qui fait écho aux luttes contemporaines sur la mémoire nationale, témoignent des divisions persistantes au sein des discours politiques français. L’histoire de Bloch devient ainsi un miroir de la société, invitant à la réflexion plutôt qu’à l'exclusion, là où la vérité semble souvent plus complexe qu'elle n'y paraît.







