Ce mardi, Emmanuel Macron met à l'honneur l'historien Marc Bloch en l'inscrivant au Panthéon. Connu pour son engagement durant la Seconde Guerre mondiale, où il fut fusillé par les nazis en 1944, Bloch est surtout célèbre pour son analyse percutante de la défaite française de 1940, exposant les racines de l'Occupation. Comme le souligne Le Monde, cet hommage pourrait également être perçu comme une dernière initiative forte de Macron avant son départ de l'Élysée.
D'un choix politique évident
Emmanuel Macron justifie ce choix en mettant l'accent sur la modernité de la pensée de Bloch. "C'est un homme qui a réfléchi sur l'Histoire pour en éclairer le présent", a déclaré un proche du président. Ce plaidoyer semble trouver un écho dans les discours contemporains, renforçant l'influence de Bloch dans le débat public. Des personnalités politiques telles qu'Aurélien Rousseau ont récemment utilisé son œuvre pour illustrer des phénomènes modernes. Cela démontre à quel point son travail demeure pertinent dans le paysage politique actuel.
"Il a su capturer les crises de son époque et en faire un miroir pour nos propres dérives".
Sarkozy et l'identité nationale
Plusieurs acteurs politiques, notamment l'ancien président Nicolas Sarkozy, ont également revendiqué l'héritage de Marc Bloch. En 2008, Sarkozy avait largement cité l'historien pour justifier son discours sur l'identité nationale, où il prônait un patriotisme axé sur les valeurs chrétiennes et républicaines. Cette démarche a suscité de vives réactions, notamment de la part de Suzette Bloch, la petite-fille de Marc, qui a dénoncé une instrumentalisation de son œuvre à des fins électoralistes, exprimant son agacement dans une tribune publiée par Le Monde.
Un héritage disputé
Le clivage politique s'intensifie autour de la figure de Marc Bloch, avec des partis de droite comme le Rassemblement national s'appropriant ses idées. En 2015, Marion Maréchal cita Bloch pour soutenir un discours nationaliste, entraînant une nouvelle vague de critiques de la part de sa famille. Pour eux, cette exploitation dénote une contradiction manifeste avec les valeurs de résistance et de citoyenneté que Bloch a défendues. Le collectif d'historiens regroupé autour de cette problématique affirme qu'il est inacceptable que ceux qui ont des liens avec le régime de Vichy se revendiquent d'un intellectuel dont l'histoire personnelle a été marquée par une lutte contre ces mêmes valeurs.
À l'aube d'un nouveau débat
Les descendants de l'historien continuent de faire entendre leur voix, plaidant pour une distinction claire entre l'œuvre de Bloch et les usages qui en sont faits par certains partis politiques. Les tensions autour de son héritage demeurent, avec des figures telles que Jordan Bardella, qui l’utilisent pour alimenter leurs propres discours sur l'immigration et l'identité. Le défi demeure de conserver l'intégrité de cet héritage face à des tentations politiques opportunistes. L'histoire n'est pas figée; elle évolue avec nous, tout comme notre compréhension des personnalités qui ont façonné notre passé.







