L'essentiel
Incarcérée depuis décembre 2023 pour l'assassinat de son ancien compagnon, Benjamin Arnauné, à Lesponne, près de Bagnères-de-Bigorre, Tatiana Boirie s'est présentée ce mardi devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Pau, où elle a réclamé sa remise en liberté. Cette demande est intervenue juste après son renvoi devant la cour d'assises des Hautes-Pyrénées, où elle pourrait encourir la réclusion criminelle à perpétuité.
« Qui ne tente rien n’a rien » pourrait résumer la tentative de Tatiana Boirie, qui espère sa liberation après son audience devant la cour. L'accusée, âgée de 35 ans, se trouve en plus confrontée à une ordonnance de mise en accusation rendue le 12 juin dernier, une décision à laquelle elle a également fait appel.
Cette démarche a suscité l’étonnement de l'avocat général, Éric Tufféry, qui a remis en question son état d'esprit : « Se rend-elle compte de la gravité de ses actes ? », a-t-il interrogé. « Vous vous présentez ici comme si vous formuliez une demande de libération devant le juge de l’application des peines. Mais un procès va bientôt avoir lieu. »
Seule face à ses actes
Posant la question du pourquoi de sa demande de liberté, l’audience a révélé des moments parfois déroutants. Exclue par deux avocats durant la procédure, Tatiana Boirie est actuellement défendue par Me Plouton du barreau de Bordeaux. Seule dans la salle d'audience, elle n'a eu pour seule compagnie que quelques journalistes. Aucun membre de sa famille ou avocat n’était présent pour la soutenir.
Vêtue d'une combinaison blanche et rose, ses cheveux désormais poivre et sel tressés, elle a salué joyeusement la cour, un sourire sur son visage qui contrastait avec la gravité de la situation. La présidente de l’audience a rappelé le contexte : « Votre conjoint vous avait demandé plusieurs fois de quitter le domicile, fixant même un ultimatum au 31 décembre. »
Une tendance à la victimisation
Ses refus d’accepter la séparation semblent être au centre des accusations. Décrite par des experts comme ayant un profil abandonnonique, Tatiana Boirie n'aurait pas supporté que Benjamin Arnauné poursuive sa vie avec une nouvelle compagne. L’enquête a révélé qu’elle avait pénétré chez cette femme quelques semaines avant les faits, armée d’un marteau, d’un briquet et de liquide inflammable.
Tout au long des réquisitions, son visage est resté impassible, se fermant seulement lorsque les magistrats ont évoqué ses propres déclarations durant la garde à vue. Elle avait alors exprimé des intentions suicidaires après avoir blessé mortellement Benjamin avec un fusil de chasse avant de mettre le feu au gîte où se trouvait son corps.
A ce moment, des larmes sont apparues sur son visage, et une magistrate lui tendit discrètement un paquet de mouchoirs.
"Je regrette, mais je l'ai assez dit"
L'avocat général s'est alors assuré de rappeler que, si les rôles étaient inversés, aucune clémence ne serait démontrée à l’accusée, insistant sur la nature des accusations.
En dernier lieu, Tatiana Boirie a exprimé une attitude de défense peu commune : « Je réalise ce que j’ai fait. J’y travaille depuis des mois en prison. Je regrette, mais ça, je l’ai assez dit ». Elle a également évoqué des problèmes de santé, mentionnant un kyste nécessitant une intervention chirurgicale comme justification de sa demande de liberté.
Pour convaincre la cour de sa capacité à se représenter, elle a produit une attestation signée par une codétenue qui offrirait un logement à Bordeaux si elle était libérée. Cependant, cette proposition n'a pas été jugée convaincante par le parquet.
À l'issue de l’audience, Tatiana Boirie est sortie de la salle avec peu d'espoir de retrouver la liberté. La chambre de l'instruction devrait rendre sa décision dans les jours à venir.







