Ce lundi 22 juin, Thomas Cazenave, le maire de Bordeaux, a dévoilé les résultats d’un audit financier préoccupant, affirmant que la situation économique de la Ville est plus que dégradée. Le rapport, réalisé par le cabinet EY France peu après son élection, soulève des questions majeures sur la gestion des finances publiques dans la cité girondine.
« La situation financière est très dégradée et, disons-le, inquiétante, » a déclaré Cazenave, refroidissant l'auditoire en ce début de matinée déjà torride. En s'appuyant sur un courrier de la Direction générale des finances publiques (DGFIP), il a insisté sur une capacité de désendettement qui pourrait passer de neuf à quatorze ans dès 2026, bien au-dessus du seuil d'alerte de douze ans fixé pour les municipalités.
Une dette insoutenable
Des chiffres alarmants émergent : Bordeaux pourrait atteindre une épargne nette négative d'environ un million d'euros, une première dans l’histoire de la Ville, selon les projections. « C’est un effet ciseau terrible, une rupture à partir de 2023, » a précisé le maire.
Cazenave a aussi souligné que la dette de la Ville devrait s’élever à 413 millions d’euros en 2025, augmentant de 42 % entre 2023 et 2025. Cela conduit à une pression financière inédite sur les comptes locaux. « En gros, vous empruntez pour rembourser vos emprunts, » a-t-il déclaré, exposant les implications d’une telle gestion.
Critiques à l’encontre de l’ancienne majorité
L'ancien partenaire gouvernemental, devenu maire, n’a pas hésité à portés des accusations graves contre la précédente administration écologiste. « Pendant toute la mandature, nous avons entendu que les difficultés étaient dues à l'État et à Paris. Mais il y a aussi une part de responsabilité locale, » a affirmé Cazenave. Selon lui, des choix politiques précédents ont contribué à cette dégradation, un point qu’il a cherché à clarifier grâce à l’audit.
Les écologistes, de leur côté, ont réagi en affirmant qu'ils n'avaient jamais caché les difficultés financières, et la négation de cette assertion a été vigoureusement exprimée par leur ancienne première adjointe, Claudine Bichet.
S'étendre ou corriger le tir ?
Face à une telle situation, Cazenave et son adjoint aux finances, Louis Fleury, admettent que la marge de manœuvre pour corriger la trajectoire budgétaire est très limitée. Ils examineront un budget supplémentaire au conseil municipal du 6 juillet, et les possibilités d'optimisation des ressources, y compris possiblement des cessions d'actifs, seront discutées.
« Nous ne nous accrochons pas à des dogmes, nous sommes pragmatiques, » a précisé le maire, soulignant l'urgence d'adapter les stratégies financières face à cette crise sans précédent.







