«Il faut un électrochoc pour l’audiovisuel public », affirmait récemment Charles Alloncle dans une interview accordée à 20 Minutes. Après plusieurs mois de débats intenses, le député UDR a déposé sa première proposition de loi, cherchant à « prévenir les conflits d’intérêts » parmi les dirigeants de l’audiovisuel public. Cette initiative émane directement d'un rapport controversé sur le secteur.
Détenant la voix du parti d’Eric Ciotti, en alliance avec le RN, Alloncle espère que son texte sera examiné lors de la niche de son groupe, le 25 juin à l’Assemblée nationale.
Cette proposition de loi, enregistrée mardi dernier, se limite à un article unique qui institue un contrôle sur les mouvements d'anciens responsables de l'audiovisuel public vers des sociétés de production. « La commission d’enquête a révélé qu’environ un milliard d’euros est consacré à des contenus externalisés. Cela s’apparente déjà à une forme de privatisation », a déclaré Alloncle, évoquant les enjeux de financement de l'audiovisuel public.
« Des procédures insuffisantes »
Les responsables concernés incluraient ceux ayant été en charge de « la sélection, la conclusion ou la supervision de contrats de production de contenus audiovisuels ». Alloncle indique que les dispositifs en place visant à prévenir les conflits d'intérêts sont inadaptés. La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) serait mandatée pour donner son avis sur de tels changements de carrière.
Durant les auditions de la commission d’enquête, Alloncle a évoqué un « système de castes et de privilèges », pointant l’opacité et les conflits d’intérêts dans l’attribution des contrats de France Télévisions. Dans son rapport publié récemment, il a également proposé d'interdire aux employés de l’audiovisuel public de diriger une société de production, qualifiant le « système des animateurs-producteurs » de problématique.
Alloncle a par ailleurs critiqué le manque de neutralité et de contrôle, ainsi que les coûts excessifs observés, notamment chez France Télévisions. Cette démarche suscite des critiques de la part des députés de gauche et du bloc central, qui l’accusent de vouloir diminuer les capacités du secteur, voire de le privatiser.







