La galerie du Sillon de Bretagne, située à Saint-Herblain, autrefois symbole du commerce florissant des années 1970, fait face à une crise existentielle. Au cœur de ce quartier, autrefois vibrant, les enseignes se font rares, alimentant une inquiétude croissante parmi les commerçants et les habitants. Les critiques fusent à l'encontre des propriétaires, accusés d'abandonner les lieux et de ne pas concrétiser les promesses de transformation urbaine.
Un témoin d'une époque révolue
En effet, la galerie inaugurée à la fin des années 1960 a vu ses heures de gloire s'éclipser lentement. Les magasins emblématiques ont cédé leur place à des vitrines désertées. Les enseignes emblématiques, telles que April ou jeff de Bruges, ne sont plus que de lointains souvenirs. "Actuellement, nous sommes seulement six boutiques encore actives sur les cinquante que comptait la galerie", explique un pharmacien confronté à cette rupture commerciale. Pour lui, ce déclin semble être le fruit d'une stratégie délibérée, suggérant une possible fermeture partielle de la galerie.
Le quotidien du déclin
Arrivé à la mi-mai, la situation empire : les moyens d'accès à l'hypermarché Auchan, notamment les ascenseurs et les tapis roulants, sont à l’arrêt. Un client, avec humour, fait allusion à l'absence d'activité en disant : "Au moins, il y a un peu de bruit ici, sinon on pourrait penser que c'est hanté". En revanche, pour d'autres, comme une vendeuse de parfumerie, la réalité est plus poignante. "Cela nuit à notre image", déclare-t-elle, insistant sur le fait qu'elle tient à son métier et à ses clients fidèles. "Nous ne sommes pas en crise. Nous nous accrochons encore".
Guillaume, un habitant du quartier depuis des décennies, partage une perception plus pessimiste : "Nous attendons des travaux que les propriétaires promettent depuis trop longtemps sans résultat tangible. C'est un désert commercial ici maintenant." Tout proche, la mairie présente un projet de développement, mais les délais semblent infinis et incertains, avec des prévisions qui s'étalent jusqu'en 2045.
Une transformation en attente
Le maire de Saint-Herblain, Bertrand Affilé, se montre plus optimiste, affirmant que le projet de réaménagement est en marche. Des discussions sont en cours pour redéfinir le paysage économique de la galerie. L’idée est de remplacer graduellement l’hypermarché par un supermarché et de développer un nouveau quartier, attirant ainsi une population plus diversifiée.
« Ce projet est une opportunité de restructuration urbaine », insiste le maire, tout en soulignant la nécessité de ne pas oublier les classes sociales qui ont longtemps été les piliers du quartier. Cependant, tout cela dépendra de l'engagement du groupe Nhood, propriétaire des lieux, qui doit répondre aux attentes des habitants pour prouver qu'il n'y a pas d'abandon et qu'un meilleur avenir est encore possible.
En attendant, le maire a déjà pris les devants, demandant des améliorations sur la sécurité et l'entretien des lieux pour donner des signes tangibles de renouveau aux citoyens. L'angoisse du déclin pèse toujours, mais l'espoir d'une renaissance reste vivant dans ce quartier emblématique de Saint-Herblain.







