Le Canon français avait prévu un premier banquet qui affichait complet le 24 octobre à l'espace Etincelle de Bergerac. Face à l'engouement, une deuxième date a été ajoutée pour le lendemain, permettant à 900 convives de se rassembler autour d'une célébration du patrimoine culinaire français. L'objectif affiché sur le site de l'événement est de "valoriser le terroir et le patrimoine français".
Le Canon français, connu pour ses grandes tablées garnies de charcuteries, fromages et vins, a été contacté il y a plus d'un an pour organiser les 80 ans des vins de l'appellation Précharmant à Bergerac. Géraud de la Tour, l'un des cofondateurs de l'entreprise, exprime son étonnement face à la demande croissante. "Il faut répondre à la demande, en général, nous prévoyons plusieurs événements car les places partent très vite", explique-t-il.
Soupçons de proximité avec l'extrême droite
Cependant, plusieurs controverse entourent cette initiative. L'un des actionnaires de l'entreprise, Pierre-Édouard Stérin, est au cœur de critiques selon lesquelles le Canon français favoriserait des idées d'extrême droite. Une enquête publiée par France Inter souligne l'existence de propos racistes dans ces banquets. Des vidéos circulent, montrant des participants réalisant un salut nazi durant la Marseillaise à un événement organisé à Caen le 18 avril.
Réactions des partis de gauche
Les partis communistes et écologistes de Dordogne qualifient ces événements de "débats inacceptables" et appellent à l'annulation de la présence du Canon français à Bergerac. Julien Chouet, secrétaire départemental du Parti communiste, souligne que "les 80 ans de l'appellation Précharmant devraient rassembler tous les Bergeracois". Pour lui, les viticulteurs étaient auparavant dans l'ignorance des polémiques liées à l'entreprise.
Mathilde Bache, des écologistes, regrette l'utilisation d'une salle financée par la collectivité locale pour ce type d'événements, mettant en lumière la responsabilité des élus dans ce choix.
Défense du Canon français
De son côté, le Canon français dénonce cette politisation excessive. Géraud de la Tour insiste sur le fait que l'entreprise demeure apolitique. Il réfute les allégations selon lesquelles l'action de Pierre-Édouard Stérin aurait un impact sur l'événement, affirmant n'avoir aucun lien avec lui.
Serge Muller, député du Rassemblement National, défend également l'événement, le qualifiant d'"excessif" pour la gauche de vouloir interdire de tels rassemblements. "Du vin, de la viande et du fromage, la gauche trouve ça facho…" rétorque-t-il.
Réunion du conseil d'agglomération le 18 mai
La salle Etincelle étant un espace public, un débat est prévu lors d'un conseil d'agglomération le 18 mai pour décider de l'avenir de l'événement. Ce contexte de tensions politiques soulève des questions sur la place de tels banquets dans la vie culturelle d'une commune.







