Séoul (AFP) – La Corée du Nord a révélé ce mercredi sa volonté de présenter "la prochaine étape" de sa stratégie de dissuasion nucléaire lors du congrès du Parti des travailleurs, prévu dans le courant de l'année. Cette annonce survient alors que les spéculations sur la stabilité du régime à Pyongyang s'intensifient.
Depuis des décennies, le pays se drape dans une atmosphère de méfiance à l'égard des États-Unis, qu'il accuse de vouloir déstabiliser son gouvernement, à l'image de l'intervention présumée à l'encontre du président vénézuélien Nicolas Maduro. Selon les autorités nord-coréennes, leur arsenal militaire, y compris nucléaire, vise à prévenir toute agression extérieure.
À peine deux jours après la chute de Maduro, Kim Jong Un a justifié un nouveau tir de missile en évoquant "une crise géopolitique" et les "événements internationaux complexes" touchant le monde, des tensions exacerbées par les menaces militaires américaines à l'encontre de l'Iran.
Au cours de ce congrès, qui sera le premier en cinq ans, Kim devrait détailler comment renforcer encore la dissuasion nucléaire de son pays. Comme l'explique Lee Ho-ryung, experte à l'Institut coréen pour les analyses de défense, "Kim Jong Un a tendance à utiliser ces rassemblements pour affirmer les progrès de son programme d'armement, et il est probable qu'il annonce que la capacité nucléaire de la Corée du Nord a atteint un nouveau sommet".
Une démonstration militaire en toile de fond
Ce mardi, le dirigeant, accompagné de plusieurs hauts responsables, a assisté à un test réussi d'un lance-roquettes de gros calibre, qui a tiré quatre projectiles, selon l'agence officielle KCNA. Ce type d'essai, a-t-il affirmé, est essentiel pour accroître "l'efficacité de la dissuasion stratégique" du pays, avec des projectiles atteignant une cible à plus de 358 kilomètres.
Les autorités sud-coréennes et japonaises ont rapporté que les projectiles avaient été lancés vers la mer du Japon, signalant que deux d'entre eux avaient atterri hors de la zone économique exclusive japonaise, comme l'a rapporté Jiji Press. Kim a affirmé que "les résultats obtenus et la portée de cet essai seraient des sources d'une profonde souffrance morale pour ceux qui chercheraient à provoquer des hostilités avec nous".
Cet essai est le deuxième réalisé en janvier, après un précédent testé quelques heures avant le départ du président sud-coréen Lee Jae Myung pour un sommet à Pékin.
Le développement militaire de Pyongyang s'est intensifié ces dernières années, et les analystes estiment que cette stratégie vise à affiner ses capacités de frappe précise, tout en défiant les États-Unis et la Corée du Sud. Certains experts évoquent également une éventuelle exportation de ces armes vers des pays tels que la Russie.







