Avec la baisse de la natalité, le paysage éducatif français se trouve menacé. À la rentrée 2026, un déficit de 150.000 élèves est anticipé, entraînant la suppression de 4.000 postes d'enseignants, selon le projet de loi de finances récemment adopté.
Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, a évoqué lors d'une séance à l'Assemblée nationale une "chute démographique absolument vertigineuse" qui impacte le système éducatif.
«Nous perdrons 150.000 enfants à la prochaine rentrée, un total d'un million entre 2019 et 2029 dans le premier degré.»
Lors d'une réunion du Comité social d'administration, le ministère a fourni des détails sur les suppressions d'emploi qui s'étendront à toutes les académies, ce qui n'est pas sans provoquer des inquiétudes parmi les syndicats.
Plus de 2.200 suppressions de postes dans le premier degré
Selon un document consulté par BFM Business, un total de 2.229 postes dans le primaire public (écoles maternelles et élémentaires) et 1.803 dans le secondaire public (collèges et lycées) seront supprimés.
Les prévisions sont particulièrement alarmantes dans le premier degré. Aurélie Gagnier, porte-parole de la FSU-SNUipp, a reporté que "1.891 postes de titulaires et 338 postes de stagiaires" seront également concernés par ces coupes. Cette situation résulte en partie d'une réforme qui prône la formation des nouveaux enseignants.
Les disparités entre académies sont frappantes, avec Lille perdant 265 enseignants dans le primaire par exemple, et Nancy-Metz envisageant 170 suppressions.
Le nombre d'élèves en baisse depuis dix ans
Il est indéniable que les arguments avancés par le ministre sont fondés. D'après l'Insee, 12,6 millions d'élèves étaient scolarisés en France en 2024, une diminution de 244.000 élèves, soit -1,9% sur près de dix ans.
Le déclin est encore plus sévère dans l'enseignement primaire, avec 514.600 élèves de moins, représentant une baisse de 7,6%. L'Insee indique que cette réduction est directement liée à la diminution du nombre de naissances depuis 2014.
Aurélie Gagnier met en garde contre la gravité de la situation : "La carte scolaire s'annonce catastrophique", alors que les fermetures de classe s'accumulent. Le ministère doit redoubler d'efforts pour faire face à cette crise éducative en cours.







