Le tribunal correctionnel de Paris a rendu un verdict retentissant le 28 janvier, condamnant Joël Guerriau, ex-sénateur centriste, à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, après avoir été reconnu coupable d'avoir drogué la députée Modem Sandrine Josso en 2023, dans le but apparent de la violer.
Après plus de quatre heures de délibération, le tribunal a conclu que l'intention criminelle de l'ancien sénateur, qui avait plaidé la légitime défense, était manifeste lors d'un dîner se déroulant le 14 novembre 2023 à son domicile. Selon le jugement, Guerriau a administré à Sandrine Josso de la MDMA, une substance souvent associée à des comportements à risque.
Le tribunal a noté que l'intention sexuelle du prévenu pouvait être déduite « des conditions intimistes de la soirée », ainsi que « des déclarations constantes de la plaignante » et de « l'insistance » à lui faire boire du champagne contaminé. En conséquence, Guerriau a reçu une peine de 30 mois avec sursis, assortis de conditions de suivi médical et d’une peine d’emprisonnement ferme.
Sandrine Josso, en larmes devant les caméras, a exprimé son « immense soulagement » de voir sa qualité de victime reconnue. Selon Le Monde, ce verdict représente un signe fort dans la lutte contre la soumission chimique, un phénomène qui ravage de nombreuses victimes.
Lors de l’audience, le parquet avait requis une peine de quatre ans de prison, indiquant que l’acte était « préparé, prémédité ». Guerriau, visiblement abattu, a déclaré : « Je suis totalement écrasé par ce que le procureur a pu dire. Je n’ai jamais eu l’intention de commettre une agression ».
Ce procès a révélé non seulement les conséquences tragiques de l'acte commis, mais a également mis en lumière l'importance de la sensibilisation sur la soumission chimique. Selon France Info, la soumission chimique demeure un fléau qui nécessite une attention urgente.
Dans un témoignage poignant, Josso a expliqué : « Je suis allée voir un ami pour fêter sa réélection, je n’aurais jamais imaginé que cette soirée se transformerait en cauchemar. » Les détails troublants de cette nuit, marquée par des sensations de malaise et de panique, ont révélé l’ampleur de la manipulation mentale.
« Je suis un imbécile »
Guerriau a attribué son acte à une inadvertance, prétendant avoir servi par erreur à Josso la MDMA qu'il avait prévue pour lui-même dans un moment de détresse personnelle. « Bref, je suis un imbécile », a-t-il déclaré devant le tribunal.
Cette affaire sera sans aucun doute scrutée de près, car elle s'inscrit dans un contexte plus large de sensibilisation à la vulnérabilité des victimes face à la soumission chimique. Il reste essentiel que des mesures soient mises en place pour protéger les victimes et prévenir de tels incidents à l'avenir.







