Depuis le début des manifestations en Iran, le pays est plongé dans une atmosphère explosive. Kevan Gafaïti, enseignant à Sciences Po et spécialiste de l’Iran, témoigne de son retour du pays, où il a pu observer des signes évidents de mécontentement populaire, notamment la fermeture du Grand Bazar de Téhéran, symbole économique et politique fort.
Les Iraniens, confrontés à une inflation galopante et un pouvoir d'achat en chute libre, expriment leur désespoir et leur colère. À son arrivée, un euro s'échangeait à 154 000 tomans, atteignant 174 000 tomans au moment de son départ. Ces chiffres illustrent l’effondrement d’une économie déjà fragile.
La situation s'est intensifiée avec un black-out Internet qui a débuté le 8 janvier, rendant toute communication extrêmement difficile. Gafaïti a décrit comment, durant ces jours sans réseau, il a dû s’appuyer sur des informations sporadiques uniquement accessibles grâce à quelques personnes ayant encore du réseau.
Les manifestations, qui se sont étendues à travers le pays, sont alimentées par le ressentiment croissant face aux conditions de vie. En parallèle, Gafaïti note que des manifestations pro-régime, brandies par des Afghans, soulèvent des questions sur le soutien réel dont bénéficie le gouvernement iranien. Un expert d'une institution de recherche française a déclaré qu'il est crucial de distinguer entre la propagande du régime et le véritable soutien populaire.
Alors que le bilan humain des manifestations reste incertain, des images troublantes de mort et de destruction circulent, accentuant la crainte d'une répression violente. Le photographe Thomas Gennaro, qui suit la situation de près depuis Paris, indique que le contrôle de l’information en Iran complique la compréhension des événements en cours.
Les tensions palpables à Téhéran laissent présager un avenir incertain. En examinant les manifestations nocturnes et les signes de résistance, il devient évident que l'Iran est à un point de basculement. Gafaïti conclut que l’irréversibilité de la situation actuelle pourrait redéfinir le paysage politique et social du pays, alors que le peuple continue de réclamer changement et justice.







