Le réseau ferroviaire français s'apprête à connaître une journée de grève ce mardi, coïncidant avec la clôture des négociations annuelles sur les salaires. La SNCF a assuré que le trafic serait maintenu quasi normalement pour les TGV et Intercités, tandis que des perturbations pourraient affecter certaines lignes régionales en Occitanie et en Île-de-France.
Cette mobilisation s’inscrit dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO). Les syndicats CGT et Sud-Rail, qui sont à l'origine de l'appel à la grève, estiment que la direction n’a pas satisfait leurs demandes. Bien qu'une prime ait été versée en décembre dernier, les représentants des travailleurs jugent que le résultat est insuffisant.
La CGT réclame ainsi une hausse des salaires de 12% pour tous les cheminots, l'instauration d'un treizième mois, et une grille unique des salaires, indépendamment des statuts, signalant aussi un besoin urgent de recruter davantage et d'améliorer les conditions de travail.
La direction de la SNCF, de son côté, souligne qu’en moyenne, les cheminots ont vu leur rémunération augmenter de 16,4% au cours des quatre dernières années, malgré une inflation de 8,1%. Cependant, des voix comme celles de Fabien Villedieu, secrétaire-fédéral de Sud-Rail, s'interrogent sur le rythme de cette évolution alors que la SNCF affiche des bénéfices record.
« L'entreprise est la plus rentable d'Europe ; il est donc temps que le pouvoir d'achat des cheminots progresse également », a-t-il déclaré. Ce constat est d'autant plus préoccupant qu'un nombre croissant de cheminots pourrait envisager de quitter l'entreprise pour des concurrents like Trenitalia ou même des secteurs comme l'aéronautique, en raison de la réforme de 2020 qui a modifié les conditions de recrutement.
Jean Castex, le nouveau directeur de la SNCF, a rencontré les syndicats pour discuter des enjeux à venir, notamment l'ouverture à la concurrence. Les enjeux de maintien des effectifs et le bien-être au travail sont au cœur des préoccupations, surtout dans un contexte où la SNCF doit s'adapter à l'évolution rapide de l'industrie ferroviaire et garder ses employés motivés.
Alors que les résultats financiers de la SNCF pour 2025 sont attendus pour fin février, la direction doit faire face à des défis croissants pour rendre l'entreprise attractive tout en répondant aux revendications légitimes de ses salariés.







