Jeudi, deux nouveaux corps ont été retrouvés à bord d'un des trains impliqués dans l'accident tragique survenu dimanche soir en Andalousie. Ce développement porte le bilan tragique à 45 morts, un chiffre qui semble désormais définitif.
"En théorie, ce sont les deux personnes portées disparues", a indiqué un porte-parole des services de secours à l'AFP. D'après Fernando Domínguez, responsable des enquêtes de la Garde civile, 43 corps avaient déjà été identifiés, et aucune nouvelle disparition n'avait été signalée par les familles.
Au total, 45 signalements avaient été reçus par la police concernant des passagers disparus, parmi lesquels 22 femmes et 23 hommes, essentiellement d'origine espagnole, à l'exception de trois passagers, de nationalités allemande, marocaine et russe.
L'accident a impliqué un train de la Renfe, frappé de plein fouet par trois voitures d'un train d'Iryo, qui avaient déraillé et obstrué la voie. Les opérations de secours ont nécessité l'intervention de plusieurs engins de chantier pour dégager les débris des trains, circulant à plus de 200 km/h au moment du choc.
La tâche prioritaire des autorités est à présent de déterminer les causes de cette tragédie. Selon des rapports des médias espagnols, l'enquête a déjà écarté l'hypothèse d'un acte de sabotage et se concentre sur une rupture anormale du rail, mesurant plus de 30 centimètres.
En parallèle, des préoccupations ont été soulevées concernant un "bogie" retrouvé dans un cours d'eau voisin, augmentant la complexité de l'enquête. Le ministre des Transports, Óscar Puente, a souligné la nécessité d'une analyse exhaustive de tous les systèmes impliqués dans le fonctionnement des trains, y compris l'infrastructure et les équipements de sécurité.
Cette tragédie s'inscrit dans un contexte déjà difficile pour le réseau ferroviaire espagnol, récemment ébranlé par un autre accident à Gelida, en Catalogne, qui a fait un mort et 37 blessés lorsqu'un train de banlieue a percuté un mur effondré sous des pluies torrentielles. En conséquence, tout le service de banlieue en Catalogne est suspendu, affectant quotidiennement 400 000 usagers.
Le gouvernement de Pedro Sánchez fait face à une pression croissante, tant de la part de l'opposition de droite que des syndicats, en raison de la répétition de ces incidents. Le syndicat des conducteurs de train, Semaf, a qualifié cette situation de "point d'inflexion" et a prévu une grève de trois jours pour exiger des réformes en matière de sécurité ferroviaire. Il a également critiqué le ministère pour son inaction face aux multiples rapports sur l'état préoccupant des voies.







