Dans une étape historique, le Venezuela a décidé d'autoriser l'exploitation pétrolière par des entités privées, suite à un projet de loi voté en première lecture à l'Assemblée nationale. Ce revirement s'inscrit dans un contexte de rapprochement avec les États-Unis, qui ont récemment nommé une nouvelle chargée d'affaires pour le pays sud-américain.
Cette réforme significative, qui doit être validée lors d'une seconde lecture imminente, fait suite à l'arrestation inattendue du président Nicolas Maduro par les États-Unis et à la nomination de Delcy Rodriguez comme présidente par intérim. Le gouvernement, bénéficiant d'une majorité à l'Assemblée suite au boycott des élections par l'opposition en 2025, est en position de faire avancer cette réforme rapidement.
Avec cette nouvelle loi, le secteur pétrolier, auparavant dominé par l'État et des entreprises mixtes, verra l'arrivée de sociétés privées établies au Venezuela, qui pourront signer des contrats pour exploiter les ressources pétrolières. Le président de l'Assemblée, Jorge Rodriguez, a insisté sur la nécessité d'agir, arguant que "le pétrole sous terre ne sert à rien" si la production ne peut pas augmenter pour répondre aux besoins du pays.
Actuellement, la production pétrolière du pays se situe aux alentours de 1,2 million de barils par jour, bien loin des niveaux culminants de plus de 3 millions enregistrés au début des années 2000, en raison de la mauvaise gestion et de la corruption. Les experts estiment que cette réforme répond également aux attentes des entreprises américaines, désireuses d'assurer la protection de leurs investissements dans le secteur.
Orlando Camacho, député et président de la Commission de l’énergie, a déclaré que "ce projet de réforme constitue une étape cruciale pour moderniser notre secteur énergétique". Pour lui, la véritable souveraineté passe par la capacité à transformer les ressources naturelles en bénéfices pour le peuple vénézuélien.
Les États-Unis, pour leur part, ont récemment nommé Laura F. Dogu comme chargée d'affaires, remplaçant John McNamara. Cette nomination intervient alors que les deux pays cherchent à établir un cadre de dialogue pour stabiliser la situation au Venezuela. Un haut responsable américain a précisé que l'objectif de l'administration Biden était de travailler en collaboration avec les autorités intérimaires pour aider à la relance du pays, soulignant l'importance d'un représentant diplomatique sur place.
Delcy Rodriguez a déclaré qu'il y avait un processus de dialogue en cours, garantissant qu'elle n'a aucune crainte à collaborer avec les États-Unis. Dans une démarche renforçant son autorité, elle a également réorganisé l'appareil militaire du pays avec plusieurs nominations, témoignant d'une volonté de contrôle accru.
Selon le Guardian, des négociations secrètes entre le gouvernement de Rodriguez et les États-Unis ont eu lieu pendant plusieurs mois, bien que ces allégations aient été démenties par le gouvernement vénézuélien.
En plus des développements politiques, le nouveau gouvernement intérimaire a promis de libérer des prisonniers politiques. Toutefois, jusqu'à présent, moins de 200 amnisties ont été accordées sur environ 800 cas. Récemment, Rafael Tudares Bracho, un opposant au régime, a été libéré après 30 ans de détention, mais d'autres personnalités politiques restent emprisonnées, témoignant des tensions persistantes dans le pays.







