Ce jeudi, la justice française a ouvert deux enquêtes après le décès de deux bébés liés à la consommation de lait infantile Guigoz, fabriqué par le groupe Nestlé. La première enquête, initiée par le parquet de Bordeaux, se concentre sur la mort d’un nourrisson alimenté entre le 5 et le 7 janvier 2026 par un lait suspect, comme l’a précisé Renaud Gaudeul, procureur de la République à Bordeaux.
La seconde enquête a été lancée à Angers, où un nourrisson est décédé après avoir ingéré du lait Guigoz issu de lots rappelés pour une potentielle contamination par la toxine céréulide. Ce dernier avait été hospitalisé au CHU d'Angers, soulignant l’urgence de la situation.
Aucun laboratoire capable d'analyser les laits infantiles en poudre en France
Les enquêtes surviennent dans un contexte d’inquiétude croissante au sein des autorités sanitaires françaises. D’après une investigation menée par Radio France, la France souffre de l'absence de laboratoires nationaux de référence capables d'analyser la composition des laits infantiles en poudre. Il n'existe également pas de centre national dédié à l'analyse des selles des nourrissons, ce qui compromet la possibilité d’établir un lien direct entre la consommation des produits contaminés et les décès.
En effet, malgré les suspicions sanitaires et les rappels déjà effectués, la France n'est pas équipée pour prouver officiellement les causes de ces tragédies. Nestlé, quant à lui, a entrepris un vaste rappel de laits infantiles sous les marques Guigoz et Nidal en raison de la découverte potentielle de la bactérie responsable de troubles gastro-intestinaux, pouvant entraîner des complications graves.
Parallèlement, le groupe Lactalis a également agi en procédant au rappel de plusieurs lots de lait infantile de la marque Picot, témoignant de l'ampleur des préoccupations sanitaires touchant ce secteur vital.
Alors que la crise sanitaire s'intensifie, les ministères concernés se sont réunis pour évaluer et remédier aux lacunes révélées, bien conscientes de l'importance cruciale de garantir la sécurité alimentaire pour les plus jeunes.







