Les hôpitaux français sont à nouveau sous pression, presque autant qu’en plein pic de la pandémie de Covid. Depuis le début de cette vague caniculaire, les établissements de santé, en particulier à Rennes, connaissent une affluence record de patients souffrant de malaises, déshydratations et autres complications thermiques. Loin d'être un phénomène isolé, cette situation pourrait s'aggraver dans les jours à venir, selon les experts des secteurs de la santé.
Le gouvernement a réagi en activant le niveau 3 du plan Orsan, en vigueur depuis le 25 juin. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a affirmé que « l’hôpital doit tenir » face à cette crise. Au CHU de Rennes, les températures ont dépassé les 40 °C cette semaine, rendant la situation d'autant plus critique. Le professeur Matthieu Revest, directeur médical de crise, admet que « la situation est très difficile », avec la mise en place immédiate du plan blanc.
Un record absolu d'appels au Samu
Le 25 juin a été marquant : le Samu 35 a enregistré 2,908 appels, dépassant ainsi les chiffres observés durant la période de Covid-19. Les services d'urgence signalent une augmentation de près de 20 % des passages, dont une majorité concerne des personnes vulnérables, âgées de plus de 75 ans. Cette montée en flèche des consultations entraîne des hospitalisations prolongées, avec un taux qui se rapproche des 65 %, une hausse alarmante par rapport aux 25 % habituels pour ce groupe.
Les lits viennent à manquer dans les services d'urgence, exacerbés par le fait que les patients nécessitant une hospitalisation en raison de la canicule demeurent en soins plus longtemps. Le professeur Revest souligne l'impact durable de la chaleur sur l’organisme, rendant l'hospitalisation inévitable dans certains cas.
Des conditions de travail éprouvantes
Les équipes médicales, déjà surmenées, font face à des conditions extrêmes. Le CHU n'étant pas entièrement climatisé, plusieurs services sont devenus de véritables fournaises, avec des températures atteignant jusqu'à 36 °C dans certaines chambres. Malgré l'efficacité de ventilateurs et autres équipements, ces mesures demeurent insuffisantes face à la chaleur persistante.
Pour atténuer la chaleur, le personnel a eu l'idée astucieuse d'utiliser des couvertures de survie aux fenêtres pour réfléchir la lumière, bien que cette méthode soit normalement proscrite pour raison de sécurité. « Chaque contribution des familles pour aider les patients est grandement appréciée », conclut Matthieu Revest, qui redoute un week-end particulièrement difficile.
Le climat est inquiétant dans les hôpitaux, et les soignants continuent de se battre contre la chaleur accablante tout en faisant preuve d'ingéniosité pour protéger tant leur bien-être que celui des patients. Si la situation venait à s’aggraver, des renforts et des déprogrammations d'opérations seraient envisagés. Pour l'heure, ils s'accrochent à l'espoir que la tempête passe sans trop de dommages.







