Face à une saturation alarmante des structures d’accueil, l’exécutif français souhaite promouvoir le recours aux proches pour l’hébergement des enfants sous la protection de l’Aide sociale à l’enfance. Le projet actuel se penche sur la possibilité qu’un enfant puisse grandir chez un membre de la famille, comme une tante ou un grand-parent, plutôt que dans un foyer traditionnel.
« Lorsqu’un éloignement de l’enfant est jugé nécessaire, il est impératif que la recherche d’un tiers digne de confiance devienne automatique, afin de préserver les liens familiaux », a déclaré le ministre de la Famille lors de sa présentation du projet de loi sur la protection de l’enfance, reporté en Conseil des ministres. Malgré l’existence de cette mesure depuis 2016, seulement 8 à 9 % des enfants placés — soit environ 15 000 — bénéficient de ce dispositif, selon Florence Dabin, présidente de l’association France enfance protégée.
Famille élargie et entourage
Ce dispositif vise à identifier des personnes dignes de confiance au sein de la famille élargie (grands-parents, oncles, tantes) ou dans l'entourage social (voisins, amis de la famille) avant d’envisager un placement en famille d'accueil ou en établissement. Asmaa Z., une formatrice en informatique du Maine-et-Loire, illustre cette initiative avec son expérience. "Après un an d’enquête des services sociaux, ma nièce a pu venir vivre avec nous, à l’âge de deux ans", affirme-t-elle.
Stabilité et bien-être
Les experts s'accordent à dire que ce mode d’accueil favorise le bien-être et le développement de l’enfant. Grégory Dubois, directeur de l’Observatoire national de la Protection de l’enfance, souligne que cette approche permet au jeune de conserver un réseau familial, essentiel pour sa future intégration sociale.
Le tiers digne de confiance reçoit une allocation mensuelle variant de 400 à 450 euros, ce qui est bien inférieur au coût des établissements collectifs, chiffré à environ 185 euros par jour. Florence Dabin, vice-présidente de l’Assemblée des départements de France chargée de l’enfance, indique que ce type d’accueil est crucial étant donné le manque croissant d’assistants familiaux.
Dispositif expérimental
Dans le Maine-et-Loire, une équipe de trois référentes s'attache à soutenir les tiers de confiance, les aidant à naviguer dans le système administratif et judiciaire. Ces échanges sont souvent enrichis par des rencontres informelles, comme les "cafés TDC", où les familles peuvent partager leurs expériences et se soutenir mutuellement. Lucille Basse, doctorante à l’ONPE, souligne également l'importance d'un soutien psychologique pour gérer les relations complexes avec les parents d'origine.
Le projet de loi vise à rendre systématique la recherche et l’évaluation des proches dans les trois mois suivant un placement en situation d'urgence, répondant ainsi à la nécessité d'agir rapidement tout en préservant le cadre familial de l’enfant.







