Le parquet d'Angers a annoncé que le lait infantile contaminé par la toxine céréulide n'est pas lié au décès d'un bébé, survenu en décembre. Les enquêteurs se tournent désormais vers une hypothèse d'asphyxie.
Eric Bouillard, procureur d'Angers, a précisé à l'AFP : "On écarte le lien entre le lait et le décès." Cette déclaration fait écho à une information révélée par le Courrier de l'Ouest.
Bien que l'enfant ait été "exposé au lait Guigoz", les analyses récentes indiquent que la mort est due à une asphyxie, avec une dernière expertise toxicologique en cours. L'enquête initialement ouverte après le décès d'une fillette de 27 jours, survenu le 23 décembre 2025, avait pour but d'élucider les circonstances de cette tragédie.
Selon le procureur, l'asphyxie pourrait être involontaire, survenue alors que la mère dormait avec son nourrisson. La maman a été entendue pendant une garde à vue fin avril, et le parquet attend encore des données supplémentaires avant de déterminer la suite des événements. Ce dossier est particulièrement lourd d'un point de vue humain.
La mère avait alerté les enquêteurs en janvier concernant une boîte de lait Guigoz qu'elle avait donnée à son bébé, celle-ci appartenant à des lots rappelés par le fabricant. En mars, des analyses avaient détecté la présence de la toxine céréulide dans le lait utilisé pour le biberon, mais le procureur a souligné qu'aucun lien de causalité avec la mort n'avait été établi.
- Une série de rappels en cascade -
Le rappel de lots de lait par Nestlé, suivi par des industriels comme Danone et Lactalis, a mis en lumière un problème de sécurité alimentaire croissant. Ces rappels ont été déclenchés par la potentielle présence de céréulide, une toxine pouvant engendrer des réactions graves chez les nouveau-nés. Les autorités sanitaires françaises examinent actuellement deux décès d'enfants ayant consommé ces laits contaminés, sans qu'un lien de causalité ait été démontré jusqu'à présent.
Le 30 janvier, à la suite d'une plainte de l'association Foodwatch et de familles concernées, cinq enquêtes pour mise en danger de la vie d'autrui ont été lancées par le pôle santé publique du parquet de Paris, parallèlement aux enquêtes des parquets locaux. Une mission "flash" de l'Assemblée nationale, se déroulant à huis clos depuis le 20 mars, a pour but d'évaluer la responsabilité des multinationales et la stratégie de l'État face à cette crise, comme l'a indiqué Mathilde Hignet, députée co-rapporteure.
Fin février, l'Union européenne a annoncé un renforcement des contrôles sur les importations d'huiles riches en acide arachidonique en provenance de Chine. Plusieurs pays européens, dont la France, ont signalé des cas de nourrissons présentant des symptômes gastro-intestinaux après avoir consommé ces laits en poudre.







