Des ONG alertent sur la contamination des conserves de thon. Quelles alternatives privilégier pour une consommation sans risque ?
Mardi 29 octobre, les ONG Bloom et Foodwatch ont révélé un alarmant constat sur la contamination au mercure des thons en conserve. Après avoir analysé 148 boîtes de thon sélectionnées aléatoirement, elles ont exigé des mesures rapides de la part des autorités et de la grande distribution. Selon leur enquête, les limites maximales de mercure autorisées dans le thon en Europe sont fixées en fonction du taux de contamination, et non en raison des effets néfastes que cette substance peut avoir sur la santé humaine.
Le mercure figure parmi les dix substances les plus préoccupantes pour la santé publique selon l'Organisation mondiale de la santé. Le méthylmercure, résultant de la combinaison du mercure avec des micro-organismes, devient hautement toxique, en particulier pour le système nerveux durant les phases critiques de développement chez le fœtus et les jeunes enfants. Dans cette optique, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommande aux femmes enceintes et aux jeunes enfants de se montrer prudents vis-à-vis de la consommation de poissons prédateurs, souvent fortement contaminés comme le thon ou l'espadon.
Opter pour les petits poissons
Pour limiter l'exposition au mercure, le Dr Pierre Souvet, cardiologue et président de l’Association santé environnement France, recommande de réduire significativement la consommation de thon et de privilégier les petits poissons tels que les maquereaux, harengs, sardines ou anchois. Ces espèces, moins proches du sommet de la chaîne alimentaire, présentent un risque de contamination réduit.
Ces poissons « gras » offrent par ailleurs des bénéfices nutritionnels similaires au thon. Corinne Mairie, éco-diététicienne, souligne qu'ils sont riches en oméga-3, essentiels au bon fonctionnement du système nerveux et à la composition cellulaire. Les huiles de lin, de noix et de colza sont également des sources intéressantes d'oméga-3, de préférence bio.
"Ces petits poissons gras contiennent des oméga-3, qui participent à la composition de nos cellules et au bon fonctionnement de notre système nerveux"
En outre, ces alternatives apportent des protéines de haute qualité et du calcium, notamment dans les petits poissons dont les arêtes sont comestibles, comme les sardines. De plus, ils fournissent une quantité appréciable de vitamine D, cruciale pour la santé osseuse et le système immunitaire.
Attention aux sushis
Corinne Mairie invite également les amateurs de sushis à la prudence, surtout ceux contenant du thon et de l'espadon, deux espèces souvent fortement contaminées. Pour profiter des bienfaits des poissons, il est conseillé de consommer un poisson gras par semaine, en alternance avec du poisson blanc comme le cabillaud. La clé réside dans la diversité des espèces consommées, afin de réduire le risque d'exposition à la contamination.







