Une terre si sèche qu’elle rivalise avec la dureté de la pierre, c’est ainsi que Damien Pannier décrit son exploitation de cinq hectares à Grez-en-Bouère, en ce mercredi 29 avril. L’agriculteur, comme beaucoup de ses collègues dans la région, lutte contre un déficit de pluie alarmant. Selon Météo France, ce mois d’avril présente un manque de précipitations de près de 60%. "Nous avons besoin d’au moins 20 millimètres, suivis de pluies régulières de 15 à 20 millimètres chaque semaine," souligne-t-il, aspirant à une météo plus favorable.
Les conséquences de cette sécheresse sont déjà visibles. "Même les céréales d’hiver, comme le blé, souffrent de ce manque d’humidité. L’herbe ne pousse également pas, car le froid persiste," ajoute Damien, dont l’exploitation abrite également une cinquantaine de vaches laitières. La saison des semis de maïs approche, mais les conditions climatiques pourraient éprouver les agriculteurs. "Cette année, l'enjeu est de travailler le sol rapidement pour qu'il conserve un maximum d'humidité, mais cela ralentit notre travail et augmente les coûts en carburant," regrette-t-il.
Une météo capricieuse et ses conséquences
Fabien Guérin, conseiller en agronomie, rappelle que ce déficit ne fait qu'aggraver une situation déjà précaire. "Nous avons connu beaucoup d’eau en janvier, suivie d'une sécheresse cruelle au printemps l’année dernière. Et cette année, les pluies de février ont été vite suivies par un temps sec, renforcé par un vent qui accentue la déshydratation des cultures," souligne-t-il.
Les effets de cette situation se traduisent par une croissance ralentie des cultures. "Les épis de blé sont remarquablement plus courts que d’habitude. En temps normal, l’irrigation concerne principalement les cultures d’été, mais elle est devenue nécessaire pour conserver les rendements," précise Fabien Guérin. Météo France annonce des pluies dans le département à partir du 2 mai, mais l’incertitude demeure quant à leur ampleur et leur impact sur les récoltes.
Les agriculteurs des Pays de la Loire se trouvent à un carrefour, confrontés aux défis d’un climat de plus en plus imprévisible. Les solutions doivent être envisagées rapidement afin de préserver la pérennité de l’agriculture dans la région.







