Ce mardi, le président de la région Grand Est, Franck Leroy, a exprimé ses réserves concernant la proposition de loi visant à établir une collectivité à statut particulier pour l'Alsace. Il a jugé cette initiative défaillante tant sur le contenu que sur la forme.
Lors d'une conférence de presse qui a largement servi à clarifier ses positions, il a qualifié le projet de "saugrenue", "bricolée" et "rocambolesque". Selon Leroy, la proposition, qui a reçu un avis favorable en commission des lois, devrait être discutée à l'Assemblée nationale mardi prochain. Cependant, il est sceptique quant à sa viabilité, la qualifiant de "projet brouillon" porté par Gabriel Attal et des députés d'horizons divers, dont certains sont de droite.
Le président de la région a souligné l'absence d'une étude d'impact réaliste, affirmant que démembrer une région sans préparation adéquate est inconstitutionnel. "Il n'y a aucune vision derrière cela. L'article 1 a été rejeté et l'article 2 profondément réécrit sans aucune base solide", a-t-il déclaré. Leroy a également critiqué ce qu'il perçoit comme une obsession de certains politiques alsaciens pour ce débat, le qualifiant de "bricolage institutionnel".
Une région de la taille de l'Alsace ne pourrait pas investir autant
Au-delà des considérations institutionnelles, Leroy a insisté sur les conséquences économiques d'une telle initiative. Il a présenté des données démontrant que, par rapport à l'ancienne région Alsace, les investissements dans les infrastructures de transport ont augmenté de 89% en dix ans. "Face à un besoin d'investissement de trois milliards pour les mobilités, une région à taille humaine comme l'Alsace ne pourrait pas soutenir un tel effort", a-t-il ajouté.
Franck Leroy a passé plus d'une heure à exposer les implications de la proposition de loi, un sujet qu'il initialement considéré secondaire. "Je ne suis pas inquiet car il reste beaucoup d'obstacles à surmonter pour cette proposition. Ce qui m'attriste, c'est qu'on manipule l'opinion publique, en laissant croire qu'il est possible de créer des collectivités à la carte", a-t-il poursuivi, invitant le gouvernement à consulter le Conseil d'État ou le Conseil constitutionnel si la loi venait à avancer.







