Un signalement adressé au procureur de Nice soulève d'importantes interrogations quant aux conditions d'acquisition des masques par la municipalité durant la pandémie. Des allégations de favoritisme et de corruption pourraient mettre en péril la campagne de Christian Estrosi.
La ville de Nice fait face à une tourmente judiciaire alors qu'un rapport a été transmis au procureur concernant les achats de masques pendant la période critique du Covid-19. Les accusations de délit de favoritisme, de prise illégale d'intérêts et de corruption, si elles se révèlent fondées, pourraient peser lourdement sur la campagne du maire sortant face à Éric Ciotti.
En avril 2020, alors que la France souffrait d'une pénurie critique de matériel sanitaire, Christian Estrosi annonçait avec fierté l'arrivée d'une importante cargaison de masques FFP2 et d'autres équipements. Cette livraison a été mise en avant comme un exploit logistique, faisant de Nice un modèle en matière de gestion de crise. Cependant, les méthodes d'acquisition de ces biens suscitent des doutes.
Un montage frauduleux en question
Selon le rapport, un montage juridique douteux aurait été orchestré, impliquant plusieurs individus, dont le directeur de cabinet d'Estrosi à l'époque, Jean-Sébastien Martinez, et Cyril Giacopino, dirigeant de CG Invest, qui aurait financé l'achat de la cargaison pour un montant d'environ 520 000 euros. En contrepartie, CG Invest se serait assuré que la ville rachète le stock avec une marge bénéficiaire, malgré son manque d'expertise en import-export.
Le marché de gré à gré aurait été attribué à la société S2M, dont les liens avec Martinez soulèvent des questions. Celui-ci est accusé d'avoir abusé de ses fonctions pour favoriser l'entreprise de Giacopino, contournant ainsi les règles de mise en concurrence.
Des experts estiment que la situation pourrait compromettre l'avenir politique d'Estrosi, si les allégations s'avèrent véridiques.
Il est également rapporté que Giacopino aurait élaboré un mécanisme permettant à son entreprise de tirer profit des fonds publics, ce qui soulève encore plus de suspicions sur la transparence de l'opération. Selon des sources du Canard enchaîné, bien que la mairie ait reconnu avoir commandé à S2M, elle nie tout lien avec CG Invest.
Au fur et à mesure que les campagnes électorales avancent, l'impact de ces allégations pourrait se faire sentir sur la confiance des électeurs envers Christian Estrosi, un enjeu majeur à quelques semaines des élections municipales dans la ville.







