Depuis 37 ans, le Parti socialiste règne sur Nantes, avec Johanna Rolland comme figure emblématique depuis 2014. Cette année, une alliance de la droite et du centre, emmenée par Foulques Chombart de Lauwe, se dresse contre elle, en critiquant notamment son bilan en matière de sécurité.
Foulques Chombart de Lauwe, peu connu des Nantais il y a peu, a été investi par Les Républicains pour les prochaines municipales. Il s'est entouré de Sarah El Haïry, ancienne députée et actuelle haute-commissaire à l'Enfance, qui pourrait devenir présidente de la métropole en cas de victoire.
Ambitieux et souhaitant « virer Johanna Rolland », Chombart de Lauwe a commencé sa campagne en janvier, s'appuyant sur des figures telles que Bruno Retailleau, le leader des Républicains, et Aurore Bergé, membre du gouvernement. « Les Nantais veulent un maire courageux », déclare-t-il, soulignant que l’étiquette partisane a peu d'importance pour eux.
Son objectif principal est de « remettre de l'ordre » à Nantes, avec des promesses de tripler la vidéoprotection et d'armer la police municipale, tout en doublant son effectif. Il critique la gestion sécuritaire de Rolland, la qualifiant d'« héritière » inefficace de Jean-Marc Ayrault, ancien maire emblématique de la ville.
Nantes, bastion historique du PS, pourrait connaître un changement si la droite et le centre parviennent à mobiliser leurs électeurs. Romain Pasquier, directeur de recherche au CNRS, suggère que la sécurité pourrait devenir la question centrale, offrant un certain espace à la droite, ainsi qu'au Rassemblement national.
Jean-Claude Hulot, candidat du RN, dénonce l’« ensauvagement » de la ville et accuse la mairie socialiste de déni face à la réalité. De son côté, Rolland, qui mène une liste de gauche unie (sans LFI), insiste sur sa fierté d'avoir favorisé un dialogue précoce entre différents partis pour construire un projet commun.
Lors des précédentes élections de 2020, elle n’avait formé qu’une alliance partielle avec les écologistes, remportant près de 60 % des voix, face aux 27 % des candidats de droite. Mais cette fois-ci, la campagne se concentre sur des priorités incluant pouvoir d'achat, logement, écologie et sécurité, avec une promesse d'augmentation des effectifs de police municipales, créant même un poste fixe en soirée dans deux quartiers sensibles.
Interpellée sur le rassemblement de droite et du centre, Rolland qualifie Chombart de Lauwe de « très à droite » et « rétrograde ». « Il devient de plus en plus un adversaire de Nantes », déclare-t-elle avec fermeté, affirmant vouloir protéger la ville contre les menaces qu'elle perçoit.
Parallèlement, Mounir Belhamiti, ancien député, dénonce l'alliance de Renaissance qu'il juge incohérente et propose de rassembler une coalition plus large qui ignore les jeux politiques parisiens.
D'autres candidats, tels que Margot Medkour, Alexandre Gauvin et Nicolas Bazille, ont également annoncé leur candidature, certifiant ainsi la diversité de l’échiquier politique nantais.







