Alors que le face-à-face semble se dessiner entre le maire écologiste Pierre Hurmic et le député macroniste Thomas Cazenave, la compétition s'annonce plus riche avec l'arrivée d'autres candidats, allant de l'opposition de gauche au Rassemblement national, sans oublier l'étonnant Philippe Dessertine.
D'après un sondage d'OpinionWay réalisé en novembre, le second tour ne se jouera pas uniquement entre ces deux figures de proue. Cette étude a accordé l'avantage à Pierre Hurmic, élu en 2020 après des décennies de domination de la droite, tout en donnant une chance à Nordine Raymond (LFI), Julie Rechagneux (RN) et Philippe Dessertine (sans étiquette) de se qualifier également.
"Les jeux ne sont pas faits", note Ludovic Renard, enseignant à Sciences Po Bordeaux, qui souligne que les récents résultats électoraux à Bordeaux plaident en faveur d'une lutte serrée. Lors des dernières élections européennes, LFI et RN avaient surpassé les écologistes, et ce politologue n'exclut pas que leurs candidats soient encore en lice le 15 mars, en dépit de la présence d'autres compétiteurs comme Philippe Poutou (NPA) et Virginie Bonthoux Tournay (Reconquête!).
Philippe Dessertine, universitaire crédité de 12% d'intentions de vote au premier tour selon le sondage, pourrait bouleverser le paysage électoral le 22 mars prochain.
- "Celui qui dérange" -
Cet expert en gestion, familièrement surnommé "l'ovni" du politique, présente une liste "citoyenne" qui attire de manière inattendue. "Je prends un peu aux deux, Cazenave et Hurmic", commente-t-il. Son slogan optimiste et ses promesses d'une vision unique pour Bordeaux laissent perplexes, mais lui persiste à affirmer qu'il sera le prochain maire avec un programme qu'il juge "extraordinaire".
"Je suis un OVNI par rapport à la scène politique actuelle", déclare-t-il, mettant en avant les déboires de ses adversaires, dont certains le perçoivent comme une menace. La campagne Cazenave reste attentive à cette candidature émergente, surtout alors que le député macroniste peine à séduire tous les milieux de la droite bordelaise.
Pour sa part, Pierre Hurmic sait qu'il doit gérer cet adversaire atypique, qui est perçu comme "plus sérieux" que son rival de Renaissance. Pourtant, tous deux s'accordent à critiquer l’administration précédente, accusée d'avoir dégradé la qualité de vie à Bordeaux.
Ludovic Renard souligne: "Dessertine pourrait gêner Cazenave au premier tour, mais à moins qu'il ne soit au coude-à-coude, il pourrait envisager un accord pour le second tour, même s'il le dément".
- "Vraie compétition" -
Cette situation pourrait obliger le maire sortant à rechercher des alliances. Pour le moment, il s'est entouré de ses partenaires de 2020, intégrant le PS, le PCF, et d'autres, tout en écartant les Radicaux de gauche. LFI avait souhaité une liste commune, sans succès. "Ma position est claire : ils sont opposés à notre politique", rétorque Hurmic.
Avec toutes ces incertitudes, il reste prudent. "Je ne me prononce pas sur le second tour, car je ne connais pas encore mes adversaires, qui seront sans doute nombreux, la compétition est réelle", conclut-il.
Nordine Raymond, le candidat de LFI, ambitionne une place de choix le soir du 15 mars, pour ainsi renouer des liens avec son électorat. Certains, comme Philippe Poutou, excluent toute forme d'alliance, arguant que Hurmic ne pourrait être qualifié de véritable représentant de la gauche.
Il est clair que le climat politique Bordelais se transforme, reflétant des évolutions sociologiques substantielles. L'élection pourrait ainsi déterminer non seulement l'avenir de Bordeaux, mais également la tendance politique à l'échelle nationale.







