À quelques heures de la panthéonisation de Marc Bloch, une vive altercation a eu lieu entre Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon, chacun tentant de s'approprier la mémoire de ce résistant emblématique.
La famille de Marc Bloch a clairement exprimé le souhait d'"exclure les représentants de l'extrême droite" de la cérémonie. Cependant, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a affirmé qu'il serait présent pour rendre hommage à Marc Bloch, le qualifiant de "citoyen-soldat" sur X, quelques heures avant l'événement majeur.
Bardella a cité L'Étrange Défaite, affirmant que cet œuvre est un "réquisitoire implacable contre le cynisme, l'égoïsme et l'aveuglement d'une partie des élites françaises ayant conduit notre pays à l'abîme en 1940". Selon lui, l'historien est mort "comme il a vécu, en bon Français", une référence qu'il a lui-même mentionnée dans son testament spirituel en 1941.
Face à cette initiative, Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, n'a pas tardé à réagir. Il a dénoncé ce qu'il a appelé un "déguisement électoral" de la part de Bardella. Sur les réseaux sociaux, il a rappelé que ceux qui ont mené la France à l’abîme étaient ceux qui vivaient sous la devise : "Plutôt Hitler que le Front populaire".
“Monsieur Bardella, ceux qui ont conduit notre pays à l’abîme étaient ceux qui criaient : 'Hitler plutôt que le Front Populaire'” a-t-il tweeté, soulignant l’hypocrisie de son adversaire.
Pour se défendre, Bardella a contre-attaqué en pointant du doigt l’héritage de la gauche historique, mentionnant le cas de Marc Bloch, dénoncé par Francis André, militant communiste, avant de conclure que "la culture de M. Mélenchon s'arrête là où commencent les crimes de la gauche".
La figure de Marc Bloch est ainsi instrumentalisée pour défendre des positions politiques divergentes. Bardella a déjà utilisé son nom dans d'autres contextes, comme lorsqu'il a critiqué le ministre de l’Intérieur Laurent Núñez, se basant sur une citation de l’historien : "Notre peuple mérite qu'on se fie à lui". Ce dernier a suscité la colère de la famille de Bloch, qui accuse le RN d’utiliser sa mémoire pour créer un "roman national".
Marc Bloch, fondateur de l’École des Annales et figure majeure de la Résistance, a été torturé puis exécute par la Gestapo en 1944. Plus de quatre-vingts ans après sa mort, il se retrouve au cœur d’un conflit mémoriel intense, reflétant les tensions politiques actuelles en France.







