Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a été amené à préciser ses propos dans une interview accordée à L'Opinion, où il évoquait un droit à la réplique populaire lorsque l'hymne national est perturbé.
Dans un contexte de vives réactions, notamment de la part des formations politiques de droite et d'extrême droite, Bally Bagayoko a fermement défendu ses déclarations faites le 18 juin. "Expliquer un phénomène n’a jamais signifié l’encourager. Tenter de comprendre pourquoi, dans des circonstances exceptionnelles, La Marseillaise est sifflée relève de l’analyse, pas de l’incitation", a-t-il déclaré dans un communiqué diffusé sur X.
Ce dernier, devenu une figure montante de LFI après son élection, avait affirmé, lors de son intervention auprès de L'Opinion : "Siffler la Marseillaise, lorsque la France se déshonore par ses actes à l’international, c'est un droit de réponse populaire. Les jeunes présents dans les stades sont des citoyens d’ici comme d’ailleurs".
"Une stratégie de sédition" selon ses critiques
Les réponses à cette prise de position n’ont pas tardé. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a réagi avec véhémence, soulignant que "le peuple français aime et chante son hymne, il ne le siffle pas. À quels peuples exactement le maire de Saint-Denis s’adresse-t-il par cynisme électoral ?"
Pour sa part, Othman Nasrou, secrétaire général du parti Les Républicains, a jugé que le discours de LFI, qui inclut des appels à la contestation, franchit un cap : "Après les appels à l’insurrection, LFI énonce une haine claire à l’égard de la France".
De l'autre côté, la porte-parole du gouvernement a généré une onde de choc en qualifiant le discours de Bagayoko de "stratégie de sédition", affirmant que cela révèle un "rapport problématique à la République" selon ses propos tenus sur BFMTV.
Appel au dialogue
Bally Bagayoko a conclu en soulignant que "ceux qui sifflent parfois La Marseillaise sont aussi des Français à part entière. Ils votent, paient des impôts et sont attachés aux valeurs républicaines". Il a fait valoir que passer ces individus pour des ennemis de la nation est à la fois une injustice et une erreur de perception qui alimente les tensions sociales.
Pour lui, "la contestation des choix ou actes de l'État, même exprimée de manière forte, n’enlève rien à leur appartenance à la communauté nationale".
Ces échanges révèlent une société en proie à des tensions croissantes autour de ses symboles, avec des opinions variées qui méritent d'être entendues, comme l'analysent de nombreux observateurs politiques.







