une enquête ouverte après la diffusion controversée de "Maréchal, nous voilà" à Carpentras

La polémique enfle autour de la diffusion d'un chant controversé à Carpentras.
une enquête ouverte après la diffusion controversée de "Maréchal, nous voilà" à Carpentras
Le parquet s’est autosaisi sans plainte formalisée, ouvrant une enquête pour « provocation à la haine », un délit passible d’un an de prison et de 45 000 euros d’amende. © iStock

Le parquet de Carpentras a lancé une enquête pour « provocation à la haine », suite à la diffusion inattendue du chant « Maréchal, nous voilà » dans cette commune du Vaucluse, récemment dirigée par le Rassemblement National (RN). Le maire, Hervé de Lépinau, a nié toute implication et a exprimé son intention de porter plainte contre l'organisateur de cette diffusion.

L'incident s'est produit le 8 mai, lors des célébrations commémoratives, entraînant une réaction immédiate du parquet qui a décidé d'agir sans plainte formelle. Ce chant, associé à l'époque de Vichy, est désormais au cœur de polémique et pourrait valoir jusqu'à un an de prison et 45 000 euros d'amende.

Le maire a rapidement contesté les accusations et a déclaré être « écœuré » par les réactions, accusant l'ancienne majorité de gauche de tenter de « salir » le RN. « Vous avez des enfoirés qui essaient de nous salir », a-t-il affirmé dans une déclaration à l'AFP.

De Lépinau a également pointé du doigt RTV FM, la radio en charge de la diffusion musicale lors des événements de la ville. Ce partenariat a été établi sous l'ancienne administration, détail souligné par des observateurs politiques, y compris des membres du RN. Le directeur de la radio a reconnu la faute, expliquant que « c'est une erreur interne de notre programmateur, qui a téléchargé un titre qu’il ne connaissait pas », selon un communiqué publié.

« Ils avaient le disque à côté de celui de la Marseillaise »

L'affaire a pris une ampleur nationale, provoquant des réactions en chaîne. L'ancien Premier ministre, Édouard Philippe, a ironisé sur la situation, lançant : « Ils avaient le disque à côté de celui de la Marseillaise. Ils se sont trompés, c’est ballot. »
Marine Le Pen a également pris ses distances, soulignant que « la mairie n’y est strictement pour rien, comme le démontre le communiqué de la radio qui a commis cette énormité et qui, d’ailleurs, avait signé ce contrat avec la municipalité précédente… et de gauche. »

Ce fait divers s'inscrit dans un contexte de tensions régulières autour des politiques des nouvelles mairies dirigées par le RN. En effet, de récentes décisions, comme la suppression des cérémonies du 1er mai à Liévin, ou encore l'annulation des commémorations liées à l'abolition de l’esclavage à Vierzon, ont alimenté un climat de controverse qui pourrait perdurer jusqu'en 2033, année de fin des mandats municipaux.

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