Sous l'ombre des accords d'expulsion, l'administration Trump poursuit une politique controversée en renvoyant des réfugiés vers des territoires qui ne sont pas les leurs. Un témoignage frappant relayé par The Washington Post dévoile l'angoissante expérience d'une femme togolaise forcée de quitter les États-Unis.
Âgée de 28 ans, cette femme, dont l'identité est protégée, a été arrêtée par la police de l'immigration et des douanes (ICE) alors qu'elle bénéficiait d'une protection contre le renvoi vers son pays d’origine. Expulsée vers le Ghana puis directement vers le Togo, elle se retrouve désormais confrontée à d'énormes dangers.
En septembre 2025, un accord entre le Ghana et les États-Unis a été signé, permettant au pays d'accueillir des ressortissants en situation irrégulière expédiés par l'administration Trump. Cette manœuvre a soulevé des préoccupations, notamment concernant la sécurité de ces migrants. Selon l'avocate Meredyth Yoon, au moins 34 ressortissants d'Afrique de l'Ouest ont été concernés par de telles expulsions.
“J’ai traversé l’Atlantique pour sauver ma vie”
La Togolaise avait fui son pays en 2024 pour échapper à des violences familiales et à la menace d'excision, un acte toujours pratiqué dans son pays malgré son illégalité. “J'ai traversé l'Atlantique pour venir aux États-Unis et sauver ma vie, j'avais une chance… Mais tous ces imbéciles m’ont volé mes rêves”, déclare-t-elle avec amertume.
Après un périple difficile à travers le Brésil et la jungle du Darién, elle a été arrêtée à la frontière sud des États-Unis en janvier 2025 et a passé huit mois dans une prison en Arizona.
Malgré une suspension d'expulsion accordée par un juge le 20 mai 2025, la pression des politiques américaines a conduit à sa réexpulsion vers le Ghana, où elle a été détenue dans des conditions alarmantes avant d'être renvoyée de force au Togo.
Violations du droit international
Le droit international, y compris la Convention contre la torture, interdit clairement les expulsions vers des pays où la vie d’un individu est mise en péril. En expulsant cette femme vers le Togo, les autorités américaines et ghanéennes méconnaissent ces principes légaux. “Dans ce pays, personne ne peut m’aider”, confie-t-elle, illustrant ainsi les conséquences dévastatrices de ces politiques migratoires.
Ce cas souligne une pratique troublante de l'administration Trump qui, en contournant les protections accordées aux réfugiés, se décharge de ses responsabilités en s’appuyant sur des pays tiers pour assurer la protection de leurs réfugiés. Cela soulève des questions fondamentales sur l'engagement des États-Unis envers les valeurs des droits humains et sur les répercussions de leurs décisions sur des vies humaines précieuses.







