Les infractions liées à la probité ont connu une augmentation significative de 16 % en 2025 par rapport à 2024, avec 1 125 cas signalés par la police et la gendarmerie. Ce chiffre édifiant a été révélé dans un rapport du ministère de l'Intérieur publié le 30 avril dernier. Les infractions recensées touchent non seulement les administrations publiques, mais également le secteur privé et les citoyens.
Des actes de corruption, de favoritisme et d'abus de pouvoir sont parmi les infractions qui alimentent cette hausse préoccupante. D'après le Service Statistique du Ministère de l’Intérieur (SSMSI), 968 incidents avaient déjà été enregistrés en 2024, ce qui représentait une augmentation de 11 % par rapport à 2023.
En seulement trois ans, entre 2022 et 2025, le total des atteintes à la probité a grimpé de 45 %. La Corse et les départements d'outre-mer ressortent comme les régions les plus touchées, avec un taux d'infractions élevé par rapport à leur population, souligne une étude de gouvernement.fr.
Les atteintes à la probité incluent des actes tels que la corruption, les conflits d'intérêt, ainsi que le détournement de fonds publics. L'Agence française anticorruption (AFA), mise en place en 2016, a pour mission d'endiguer ce phénomène, qui reste pourtant difficile à cerner.
un phénomène préoccupant selon la Cour des comptes
En décembre 2025, la Cour des comptes a mis en lumière l'ampleur croissante des infractions en matière de corruption, critique soulignée par le site de la Cour des comptes, qui note que « la corruption n'est pas un phénomène marginal ; entre 0,5 % et 1 % de la population adulte affirme avoir été confrontée à des tentatives de corruption ».
Les Sages de la Cour ont également relevé que « la lutte contre la corruption s'inscrit dans une démarche démocratique et économique, mais qu'elle reste complexe en raison de sa nature occulte ». Les résultats d'enquêtes de victimisation confirment que ce problème touche aussi bien les particuliers que les entités publiques.
corruption dans le cadre professionnel
D'après une enquête réalisée par le SSMSI sur la vie et la sécurité des citoyens, « environ 188 000 personnes âgées de plus de 18 ans en France ont déclaré avoir été confrontées à des situations de corruption dans leur environnement professionnel en 2023, représentant 0,4 % de la population adulte ». Ces infractions sont souvent motivées par la nécessité d'obtenir un service, par exemple une place en crèche.
Cependant, malgré cette montée alarmante des atteintes à la probité, peu de victimes portent plainte. En effet, entre 2016 et 2023, seulement 1 700 personnes ont été reconnues comme victimes dans des procédures clôturées, révélant que « moins de 1 % des victimes d'infractions liées à la corruption choisissent de signaler les faits ». La route vers une transparence totale semble encore longue.







