Jeudi, des milliers de Vénézuéliens se sont rassemblés pour la première grande manifestation d'opposition depuis l'arrestation de Nicolas Maduro lors d'une opération américaine début janvier. Ce rassemblement survient alors que l'Assemblée nationale engage un débat crucial sur une loi d'amnistie visant à libérer un grand nombre de prisonniers politiques.
« On n'a pas peur ! » scandaient les manifestants réunis à l'Université centrale du Venezuela (UCV) à Caracas. Cette mobilisation est historique, marquant une étape significative depuis la capture de Maduro.
Des slogans comme « Amnistie maintenant » flottaient dans l'air, reflétant le désir pressant de changements. L'université, bastion de la contestation contre le chavisme, a vu se rassembler des personnes de tous horizons, unies dans leur demande de justice.
La promesse d'une loi d'amnistie, exigée sous pression internationale, a été soutenue par la présidente par intérim Delcy Rodriguez. Celle-ci a également pris des mesures pour libéraliser le secteur pétrolier, autrefois verrouillé par l'État, et a ordonné la fermeture de la prison de l'Hélicoïde, tristement célèbre pour sa brutalité, comme l'ont rapporté plusieurs ONG de défense des droits humains.
Vers une libération de tous les prisonniers politiques au Venezuela
Le projet de loi d'amnistie, déjà approuvé en première lecture le 5 février, suscite des espoirs pour l'éventuelle libération de tous les détenus politiques. Le débat final a été retardé pour permettre une consultation publique, où juristes et familles de prisonniers ont partagé leurs témoignages. Le procureur général, Tarek William Saab, s’est prononcé sur l’importance du dialogue, suggérant qu'une amnistie pourrait aussi inclure des concessions des États-Unis, notamment en ce qui concerne la libération de Maduro.
Jorge Rodriguez, frère de Delcy, a annoncé que l'adoption de la loi aboutirait à la libération immédiate des détenus. Son appel à l'action a trouvé un écho dans le cadre des discussions américaines sur un possible rapprochement avec le Venezuela, illustré par la visite de Chris Wright, ministre de l'Énergie, qui a évoqué un nouvel chapitre dans les relations bilatérales.
« Aujourd'hui, nous nous levons, nous nous unissons et nous nous rassemblons »
Les tensions au sein du pouvoir se sont observées avec la libération, puis la ré-arrestation de Juan Pablo Guanipa, un leader de l'opposition. Accusé d'avoir violé sa liberté conditionnelle, il a été réincarcéré pour avoir osé demander l’établissement d’élections lors des manifestations.
« Le Venezuela sera libre ! Vive nos étudiants ! », a célébré Maria Corina Machado, cheffe de file de l’opposition, sur X, accompagné d’images de la manifestation. Au milieu de ce climat de répression, Dannalice Anza, étudiante, a exprimé l'espoir éveillé par la mobilisation : « Nous demandons le respect et la reconnaissance mutuelle. La pluralité est essentielle pour avancer. »
Tandis que l'opposition déferlait dans les rues, le pouvoir a aussi organisé sa propre manifestation en faveur de la jeunesse, prouvant ainsi la division qui persiste au sein du pays.
Avec AFP







