Les Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina sont devenus bien plus qu'une simple compétition sportive; ils se transforment en une plateforme pour les athlètes américains souhaitant faire entendre leur voix face aux décisions de l'administration Trump.
Depuis le début des événements, plusieurs sportifs ont exprimé leurs préoccupations concernant la politique du président Trump, notamment en matière d'immigration. En raison des restrictions sur les actions politiques lors des cérémonies de médailles, la Charte olympique a introduit l'article 50 en 2021, mais les athlètes disposent encore de la liberté d'expression lors des conférences de presse et sur les réseaux sociaux. Ces expressions prennent un relief particulier dans un contexte où les tensions politiques s’aggravent aux États-Unis.
Des figures prépondérantes, comme le skieur acrobatique Gus Kenworthy, qui représente désormais le Royaume-Uni après avoir initialement participé pour les États-Unis, a lancé les hostilités. En affichant un message fort sur la neige, il a déclaré : "Fuck ICE", en référence aux méthodes agressives de la police fédérale d'immigration américaine. Il a écrit sur Instagram : "Des innocents ont été tués. Nous ne pouvons pas rester silencieux face à cette violence".
La résonance des mots
À la suite de son action, Kenworthy a reçu des messages de soutien, mais aussi des menaces. Malgré cela, il persiste à croire qu'il est essentiel d’exprimer ses opinions en période d'injustice. Dans ce même élan, d'autres athlètes, comme Hunter Hess, ont ouvertement partagé leurs sentiments mitigés sur la représentation des États-Unis et les défis que cela implique.
Hess a suscité la controverse par ses déclarations, affirmant que les actions du président ne l'inspiraient pas. En retour, Trump a qualifié Hess de "raté" et a condamné ses opinions. De son côté, le vice-président JD Vance a exhorté les athlètes à se concentrer sur le sport plutôt que sur les débats politiques.
Des membres de l'équipe, comme Ben Ogden, ont pris la défense de Hess, affirmant le droit d'expression des athlètes. De même, Chloe Kim, célèbre snowboardeuse, a appelé à l'unité et à la compassion en période de crise politique. Dans un climat où la liberté d'expression est précieuse, Kim met en avant les contributions historiques des immigrants, ancrant son engagement à la diversité.
Une ambiance tendue mais solidaire
Des réactions diversifiées émergent de la part des athlètes. Alors que certains, comme Amber Glenn, choisissent de parler des injustices envers la communauté LGBTQ+, d'autres, comme Mikaela Shiffrin, expriment des réflexions plus nuancées sur la situation politique actuelle. Lors de l'événement, elle a partagé une citation de Nelson Mandela, soulignant l'importance d'un environnement inclusif.
Le CIO en retrait
Le Comité international olympique (CIO), quant à lui, a évité de s'engager dans cette controverse. Son porte-parole a déclaré ne pas vouloir alimenter le débat et a souligné que chaque athlète mérite d'être soutenu. L'US Olympic and Paralympic Committee reconnaît les défis auxquels ses sportifs peuvent faire face, et offre des ressources pour les aider.
La scène olympique est donc teintée de prises de position audacieuses et de dialogues sur des sujets sociopolitiques cruciaux. Certains spectateurs se sont même manifestés en brandissant un drapeau affichant : "Nous nous excusons pour notre mauvais comportement. Nous allons nous améliorer". Ces événements illustrent comment le sport peut servir de vecteur de changement social tout en célébrant l'esprit de compétition.







