L'essentiel... Les compagnies aériennes russes, sous le poids des sanctions internationales, cherchent des solutions innovantes pour faire face à la pénurie de pièces détachées. Pour cela, elles remettent en service des appareils de fabrication soviétique, russe et même ukrainienne qui étaient cloués au sol.
Les sanctions imposées par l'Occident depuis 2022 continuent d'assombrir l'horizon des compagnies aériennes en Russie. Manquant de pièces de rechange essentielles, ces transporteurs ont dû adapter leurs opérations, misant sur le système D. Des membres des compagnies aériennes se tournent vers des solutions telles que le cannibalisme de certains appareils pour maintenir d'autres en vol. De plus, un marché parallèle de pièces aéronautiques a émergé via des pays tiers, et des entreprises comme Aeroflot et Rosatom ont commencé à produire illégalement des composants pour divers avions étrangers.
Tupolev, Antonov et Ilyushin à la rescousse
Selon des rapports de Rosaviatsia, environ 1 088 avions étaient encore en service en Russie en octobre dernier, mais ce chiffre semble désormais insuffisant. Des appareils de fabrication soviétique, russe ou ukrainienne, qui restaient au sol depuis des années, sont progressivement réintégrés dans le service commercial. D'après le conglomérat Rostec, dix avions d'âge inférieur à trente ans, tels que le Tupolev Tu-204/214 et l'Antonov An-148, ont déjà été remis en service. D'autres suivront, car la demande dépasse les ressources disponibles.
Il est également rapporté que certaines compagnies russes relancent des vieux modèles d'avions étrangers. Par exemple, Rossiya envisage de remettre en service deux Boeing 747-400 stockés depuis le début de la pandémie. Anton Blik, expert chez Device Consulting LLC, explique que ces anciens modèles sont plus faciles à restaurer, grâce à leur disponibilité sur le marché des pièces de rechange.
Objectif : fabriquer des avions 100 % russes
Pour réduire leur dépendance aux composants étrangers, le Kremlin a établi un programme ambitieux pour produire des avions avec 100 % de composants russes. Cependant, les résultats sont bien en deçà des attentes : sur une prévision de 127 avions à produire entre 2023 et 2025, seuls treize ont été livrés. L'United Aircraft Corporation (UAC) a du mobiliser plus de 140 fournisseurs pour remplacer les équipements principalement européens présents sur leurs modèles, tels que le SuperJet 100.
Depuis le 27 février 2022, toutes les compagnies aériennes russes sont sur la liste noire des compagnies interdites de vol dans l'espace aérien de l'Union européenne. Au départ motivée par des raisons politiques, cette interdiction s'appuie désormais aussi sur des considérations de sécurité.







