Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a pris la décision de mettre son veto à une loi adoptée par le Parlement, qui aurait permis une réduction significative de la peine de son prédécesseur Jair Bolsonaro, actuellement incarcéré pour tentative de coup d'État. Cette loi, qui aurait pu diminuer la durée de l'incarcération de Bolsonaro de 27 à environ deux ans, a suscité un vif débat au sein de la classe politique.
Signé lors d'une cérémonie marquant le troisième anniversaire des émeutes du 8 janvier 2023, le veto de Lula intervient à un moment symbolique, justifiant son action par la nécessité de protéger la démocratie. Comme l'a déclaré Lula : "Le 8 janvier est entré dans notre histoire comme le jour où notre démocratie a triomphé sur ceux qui ont tenté de renverser le pouvoir par la force."
Le ministre de la Justice, Ricardo Lewandowski, a soutenu cette position, soulignant que "les crimes contre l'État démocratique de droit sont imprescriptibles et ne peuvent faire l'objet d'aucune grâce." Cette affirmation a été renforcée par les plaintes d'un certain nombre de membres du Parlement, qui ont dénoncé une "persécution politique" orchestrée contre Bolsonaro.
La réaction du camp Bolsonaro a été immédiate. Flavio Bolsonaro, fils de l'ancien président, a annoncé sur les réseaux sociaux son intention de travailler à l'annulation de ce veto. Cette tension politique ne ressemble en rien à une fin de conflit, alors que l'ancien président, désormais âgé de 70 ans, purge sa peine dans une cellule de la police fédérale.
Malgré les problèmes de santé de Bolsonaro ayant déjà conduit à son hospitalisation à plusieurs reprises, comme l'a rapporté le quotidien Le Monde, il n'est pas question pour le gouvernement Lula de céder face aux demandes de libération conditionnelle, particulièrement pour les événements tragiques de janvier 2023.
En parallèle, des experts soulignent la nécessité de prendre cette question au sérieux, afin de garantir que les décisions politiques ne soient pas influencées par des considérations personnelles mais par celles de l'État de droit. Madonna da Cruz, analyste politique, a déclaré lors d'une interview : "Lula doit maintenir une position ferme pour préserver l'intégrité de la démocratie brésilienne, même si cela signifie confronter le camp Bolsonaro directement."
Alors que la pression augmente, la situation reste tendue au Brésil, où la lutte entre les forces politiques pourrait avoir des répercussions importantes sur l'avenir démocratique du pays.







