Un jeune Germano-Iranien de 21 ans, connu sous le pseudonyme "White Tiger", fait face à la justice à Hambourg, soupçonné d'avoir manipulé des adolescents sur Internet de manière particulièrement sordide. Le procès, qui débute à midi, se déroule à huis clos devant une chambre spécialisée pour mineurs, car le prévenu était âgé de 16 ans lors des faits, survenus entre janvier 2021 et septembre 2023.
En détention provisoire depuis son arrestation le 17 juin, il est accusé de 204 infractions impliquant plus de 30 victimes, toutes âgées de 11 à 15 ans, à travers plusieurs pays, y compris l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Canada et les États-Unis.
- Un réseau mondial de prédateurs -
Cette affaire tragique met en lumière l'existence d'un réseau international de prédateurs en ligne qui exploitent les jeunes vulnérables pour les inciter à des actes de violence contre eux-mêmes et même à commettre des actes de suicide. Selon des informations rapportées par le FBI, ce groupe, connu sous le nom de "764", partagerait du contenu violent et donnerait des conseils pour piéger des victimes et les exploiter sexuellement.
Un acte particulièrement choquant a été le suicide, diffusé en direct, d’un adolescent transgenre de 13 ans près de Seattle, qui aurait été poussé à cette extrémité par le prévenu. À l'époque de son arrestation, les autorités avaient déjà identifié plusieurs victimes, alarmant ainsi la communauté et les familles concernées.
- Des manquements qui interrogent -
Ce cas a provoqué l'indignation et la honte au sein des autorités allemandes, surtout après avoir pris connaissance des retards dans la réaction des forces de l’ordre. En effet, le National Center for Missing and Exploited Children avait signalé des suspicions concernant Shahriar J. dès 2021, sans que des mesures adéquates soient prises rapidement.
Des voix s'élèvent pour critiquer non seulement la lenteur des enquêtes, mais également la nécessité d’une meilleure régulation des plateformes en ligne pour empêcher de futurs abus. L’avocate du prévenu, Christiane Yüksel, a soulevé la question cruciale des manques réglementaires qui facilitent l'agissement des prédateurs. "Il est temps d'améliorer la sécurité des adolescents en ligne", a-t-elle déclaré au Spiegel.
Un appel à la vigilance
Le tribunal régional de Hambourg a programmé 82 jours d'audiences, jusqu'au 17 décembre, pour traiter ce dossier exceptionnel et révélateur. Les experts et les parents de victimes espèrent que cette affaire contribuera à une prise de conscience collective sur les dangers du cyberespace, et de la nécessité de mieux protéger les jeunes sur Internet.







