Le militant écologiste Hassen Hammou, ancien candidat aux municipales de Marseille et proche de Sandrine Rousseau, a été jugé coupable d'usurpation d'identité. Mercredi, il a écopé de deux mois de prison et de trois ans d'inéligibilité après s'être présenté sous le nom d'Amine Kessaci, un autre militant engagé dans la lutte contre le narcotrafic. Cette affaire a connu un large écho médiatique, notamment grâce aux révélations du quotidien La Provence.
Le tribunal a sanctionné Hammou dans le cadre d'une procédure de Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), un mécanisme judiciaire permettant à l'accusé de plaider coupable tout en acceptant la peine proposée par le juge. Ce cas résulte de la découverte d'un faux compte Snapchat créé par Hammou pour tester la loyauté des membres de son parti. Il a utilisé l'identité de Kessaci pour créer un profil trompeur et interroger un élu local, ce qui a finalement conduit à une plainte de la part d'Amine Kessaci.
Les circonstances de l'affaire sont aussi troublantes : en novembre 2025, le frère d'Amine, Mehdi Kessaci, avait été assassiné, soulignant l'atmosphère tendue de Marseille. Amine Kessaci lui-même a déclaré auprès de La Provence avoir été choqué de se rendre compte qu'un camarade de lutte avait abusé de sa notoriété et de sa cause. “C’est inadmissible d'utiliser le deuil à des fins politiques”, a déclaré son avocate, Me Slimanie.
Ce scandale a déjà eu des conséquences significatives pour Hammou. Sa convocation devant la justice a entraîné son exclusion de la liste EELV pour les prochaines élections municipales, alors qu'il était à la tête de la liste. À l'échelle plus large, ce cas met en lumière les problématiques de la vie politique à Marseille, comme l’a évoqué le sociologue Thomas Blanchard : “La ville est marquée par des conflits internes exacerbés et une lutte pour le contrôle qui peut mener à des dérives graves.”
Les deux militants partagent pourtant un combat commun contre le trafic de drogue à travers leurs initiatives. Hassen Hammou dirige une organisation appelée Trop jeune pour mourir, tandis qu'Amine Kessaci est à la tête d'une structure nommée Conscience. Ironiquement, ces deux luttes sont au cœur de leur engagement politique, et l’utilisation abusive de l’identité de l’un par l’autre souligne les tensions personnelles qui peuvent exister au sein d'un même mouvement.
Les experts s'accordent à dire que ces événements pourraient ternir davantage l'image d'EELV à Marseille, où des tensions internes sont déjà palpables. Les élections de 2026 pourraient s'annoncer plus difficiles pour le parti si des mesures ne sont pas prises pour restaurer sa crédibilité.







