Des centaines de sauveteurs acharnés tentent, depuis les premières heures de jeudi, de sauver Hernan Gil, un homme de 43 ans coincé sous les décombres d'un bâtiment détruit par deux séismes dévastateurs qui ont fait plus de 2.000 victimes et des dizaines de milliers de disparus au Venezuela.
Agent de sécurité, Hernan se trouve bloqué dans sa guérite à Catia La Mar, une zone côtière de l'État de La Guaira presque totalement frappée par le séisme du 24 juin. Les équipes de secours, venues de sept nations, dont le Chili et les États-Unis, œuvrent sans relâche pour le retrouver.
Des sauveteurs ont déclaré à l'AFP qu'ils étaient à moins d'un mètre de lui mercredi soir. Une vidéo diffusée par les pompiers chiliens montre l'homme, l'œil droit ensanglanté, tentant de regarder la caméra en signe de vie.
"C'est vraiment un miracle", a affirmé l'épouse de Gil, Gusbimar Gonzalez. "Je suis stupéfaite de voir tant de pays s'unir pour sauver une seule vie", a-t-elle ajouté.
L'État de La Guaira, le plus touché, présente des bâtiments portant la lettre D, indiquant les victimes décédées selon le code international des secours. La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a décrété un deuil national de sept jours en mémoire des disparus. Le bilan tragique a été révisé à 2.295 morts et plus de 11.000 blessés, selon le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodriguez.
Dans un contexte où l'accès à l'information est de plus en plus restreint, le gouvernement a imposé un laissez-passer aux bénévoles souhaitant se rendre à La Guaira, compliquant les efforts de secours. Luis Arteaga Benatuil, membre du groupe espagnol de recherche et de sauvetage USAR 13, a révélé à l'AFP à quel point il était difficile d'atteindre le territoire vénézuélien.
En parallèle, les Nations unies estiment que 50.000 personnes sont toujours portées disparues. La catastrophe a plongé le pays dans le chaos, comme le souligne Gladys Barrios, 76 ans : "Il est essentiel de dire la vérité sur la situation actuelle." Les vivants, quant à eux, ne trouvent soutien que dans les mains des bénévoles étrangers.
Des dizaines de policiers ont été arrêtés pour des pillages dans les zones sinistrées, provoquant la colère de la population, qui dénonce les abus. Sur la base d'images satellites, la NASA estime que 58.870 bâtiments ont été touchés ou détruits.
"Les pénuries alimentaires affectent tout le monde, et les services de base se sont effondrés", a averti le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR). Dans ce contexte, les conflits pour l'accès à la nourriture se multiplient, et la situation devient de plus en plus explosive, comme le décrit Daniela Armas, 18 ans.
La crise humanitaire s'aggrave, avec des familles contraintes de dormir à même le sol, comme Fátima Berroterán, 56 ans. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé un appel à l'aide de 50 millions de dollars pour soutenir 500.000 personnes pendant trois mois.
La situation critique est augmentée par les risques d'épidémies. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'inquiète de l'apparition potentielle de maladies évitables, influencées par la détérioration des services de santé et des réseaux d'eau.
Le HCR évalue ses besoins à environ 15 millions de dollars pour fournir un abri temporaire à 30.000 personnes. Les États-Unis, pour leur part, ont doublé leur aide humanitaire à 300 millions de dollars, un soutien crucial dans cette tragédie. Des milliers de volontaires américains participent aux efforts de secours, selon le général Francis Donovan.







