Les frais bancaires connaissent une augmentation notable ces derniers mois, atteignant une hausse de 2,7 % entre février 2025 et février 2026, couplée à un précédent accroissement de 3,1 % l'année dernière. Ces augmentations dépassent largement l'inflation, selon les données rapportées par l'organisme de planification financière RTL. Cela reste, sur une période de dix ans, légèrement inférieur à l’augmentation générale des prix, mais les banques traditionnelles profitent de cette dynamique depuis la pandémie de Covid-19.
Cette tendance évoque le « syndrome du timbre-poste » : lorsque les institutions souhaitent orienter les clients vers des solutions numériques, elles augmentent les frais des services traditionnels. En matière bancaire, cette logique s’illustre par une hausse progressive des coûts liés aux agences.
En moyenne, un client d'une banque traditionnelle dépense environ 192 euros par an, d'après Panorabanque, tandis que dans le secteur numérique, les frais se situent généralement entre 0 et 60 euros.
Plus de la moitié des ouvertures de comptes sur des banques en ligne
Cette stratégie semble efficace, car 55 % des comptes bancaires ouverts en France en 2025 l'ont été dans des banques en ligne, selon une étude du cabinet Bain. Ces établissements en ligne sont souvent des branches des banques traditionnelles, telles que Boursobank (Société Générale) ou Hello Bank (BNP Paribas).
Il est à noter que malgré la demande pour des conseillers en agence, environ un tiers des Français n’a pas visité leur banque en 2024, et un sur quatre ne l’a fait qu'une seule fois. La banque en ligne se positionne comme une solution accessible 24 heures sur 24, réduisant considérablement les coûts : sans conseillers physiques ni frais de maintenance des locaux, ces banques peuvent offrir des services à faible coût, où les clients assument certaines tâches auparavant dévolues aux conseillers.
Fermeture progressive des agences
Cette augmentation des frais contribue à la fermeture d’agences. En effet, depuis les 25 dernières années, environ 13 000 agences, soit 1 sur 4, ont disparu du paysage hexagonal. Parallèlement, 5 000 guichets automatiques de billets ont été retirés entre 2018 et 2025, avec un emploi sur dix qui a également disparu depuis 2000.
Cette tendance ne montre aucun signe de ralentissement, renforçant la désertification des centres urbains. Cependant, le territoire français reste bien pourvu en infrastructures bancaires, avec 49 agences pour 100 000 habitants, en comparaison avec 37 en Espagne, 23 en Allemagne, et seulement 4 aux Pays-Bas. Chaque fermeture d'agence suscite des réactions vives, que ce soit chez le grand public ou les élus. Toutefois, une agence, tout comme une petite épicerie, ne peut survivre que si elle attire suffisamment de clients.







