La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une nouvelle flambée d'Ebola, avec des cas récents signalés dans la province du Sud-Kivu. Le virus, déjà à l'origine de 160 décès sur près de 671 cas suspects, suscite de vives inquiétudes concernant la gestion de cette crise sanitaire, alors que les efforts de riposte dans la province de l'Ituri demeurent chaotiques.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment émis une alerte santé internationale en réponse à cette 17ème épidémie d'Ebola dans l'est du pays, jugée de risque élevé à l'échelle nationale et régionale, mais faible globalement. Les experts estiment que la période épidémique pourrait s'étendre au-delà de deux mois, d'après des analyses fournies par l'OMS.
Le dernier bilan publié par l'Institut national de santé publique (INSP) congolais indique que 64 cas ont été confirmés, dont six décès. L'épidémie progresse non seulement à travers le Nord-Kivu, mais également dans le Sud-Kivu, déjà affecté par des conflits internes et des tensions avec le groupe armé M23, comme le souligne Le Monde.
Après un premier cas détecté à Goma, une ville du Nord-Kivu, un nouveau cas positif a été confirmé dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu. Ce développement a été recentré sur les déclarations de Lawrence Kanyuka, porte-parole du M23, qui a ajouté que la personne contaminée provenait de Kisangani, une région qui n'avait enregistré aucun cas jusqu'à présent.
Cependant, la riposte sanitaire à l'épidémie dans l'Ituri reste nuancée. Cette province, parmi les plus instables du pays, souffre d'importantes carences en infrastructures sanitaires. Des milliers de déplacés vivent dans des conditions précaires, comme l'illustre Désiré Grodya, responsable d'un site de déplacés à Kigonze, qui a déclaré que "l'absence de dispositifs sanitaires pourrait mener à une catastrophe en cas d'épidémie".
Des incidents de violence ont également été reportés lorsque des jeunes, dans l'espoir de récupérer les corps de victimes, ont attaqué un hôpital à Rwampara, petite bourgade à proximité de Bunia. Ces tensions rendent plus complexe la lutte contre le virus.
La flambée d'Ebola se produit alors que les ONG font face à un manque de soutien international. En effet, la diminution des financements, exacerbée par la politique étrangère des États-Unis, complique l'organisation de l'aide. Selon un rapport d'Human Rights Watch, ces pénuries d'aide sont d'autant plus inquiétantes face à l'absence de vaccin ou de traitement pour le variant Bundibugyo.
Les autorités continuent de prendre des mesures préventives, comme des contrôles de température pour tous les passagers à l'aéroport de Bunia, tandis que des restrictions, telles que l’interdiction de transporter deux personnes sur une même moto, ont été mises en place. Malgré ces efforts, la gestion de la situation reste délicate, et de nombreuses voix s'élèvent pour appeler à une action immédiate, notamment de la part de la communauté internationale.
Alors que le monde intensifie son attention sur cette épidémie, certains pays, comme le Bahreïn, imposent des restrictions d'entrée aux voyageurs en provenance des zones touchées. Les États-Unis, de leur côté, renforcent leurs procédures sanitaires aux frontières. Les effets de cette crise se répercutent même au niveau sportif, affectant les préparations de l'équipe nationale de football de la RDC pour le mondial à venir.







