Si vous avez trouvé le logement idéal et envisagez de demander un prêt, sachez qu’actuellement, près de 50% des demandes sont rejetées, selon l'association française des intermédiaires en bancassurance (AFIB). L'un des principaux coupables ? Le taux d'usure. Voici un éclairage sur cette situation préoccupante.
Qu'est-ce que le taux d'usure ?
Le taux d'usure correspond au plafond légal au-delà duquel les banques ne peuvent prêter. Il englobe le taux d'intérêt, les frais d'assurance, et divers autres coûts pour aboutir à ce qu'on appelle le Taux Annuel Effectif Global (TAEG). Si le total dépasse ce plafond, alors le prêt est jugé usuraire et illégal. Ce système a été instauré en 2008 pour protéger les emprunteurs des prêts abusifs.
À l'heure actuelle, le taux d'usure est fixé à 2,57% pour les prêts d'une durée de 20 ans ou plus et à 2,60% pour ceux de 1 à 20 ans.
Comment est-il déterminé ?
Établi par la Banque de France, ce taux est actualisé tous les trois mois en fonction des taux de crédit effectivement appliqués. Une marge d'un tiers est ajoutée pour couvrir divers profils d'emprunteurs. Le prochain calcul de ce taux est prévu le 1er octobre.
En ce moment, les banques n'ont pas la liberté de déterminer les taux de manière autonome. Ils sont obligés de rester en-dessous du seuil fixé, ce qui impacte directement leurs pratiques de prêt.
Le problème du taux d'usure
Le taux d'usure en vigueur est calculé sur la base des crédits des trois mois précédents, ce qui ne reflète pas la réalité actuelle du marché. Sandrine Allonier, directrice des études chez Vous financer, souligne que "le taux d'usure augmente très lentement par rapport aux taux des crédits, ce qui crée un décalage problématique". Par exemple, alors que les taux de crédit ont augmenté de 0,7 point en un an, le taux d'usure n'a progressé que de 0,16 point.
Conséquence ? Même des emprunteurs présentant de bons dossiers — comme des couples avec un revenu stable et un apport conséquent — se voient souvent refuser leurs demandes.
Qui souffre de cette situation ?
Tous les profils sont touchés, mais les tranches d'âge 30-55 ans et les seniors, en particulier ceux de plus de 45 ans, rencontrent plus de difficultés. L'AFIB a révélé que les refus concernaient principalement l'achat de la résidence principale. Les personnes ayant des revenus supérieurs à 4000 euros et un apport solide risquent également de faire face à des refus.
Dans ce climat, même les seniors, souvent jugés avec de très bons dossiers, ont du mal à obtenir des prêts.
Comment faire face ?
Il est conseillé de négocier son assurance emprunteur avec un autre établissement. Cependant, cette solution peut ne pas suffire dans le contexte actuel. Il peut être judicieux d'attendre le nouveau calcul du taux d'usure prévu pour le 1er octobre, qui pourrait apporter un peu de répit aux emprunteurs.
Certaines banques offrent parfois des prêts sans assurance, à condition de fournir des garanties supplémentaires, ce qui pourrait aider à contourner le plafond de l'usure.
Conséquences après le 1er octobre ?
Les experts estiment qu'une légère augmentation du taux d'usure est attendue, pouvant aller de 0,20 à 0,25%. Cela pourrait permettre à quelques dossiers actuellement refusés d'être acceptés. Toutefois, le chemin reste long, et plusieurs experts plaident pour une révision des modes de calcul actuels afin de mieux protéger les emprunteurs, tout en reconnaissant l'importance de maintenir un mécanisme de protection contre le surendettement.







