La situation budgétaire du ministère américain de la Sécurité intérieure a basculé samedi dans un état critique, marquant le début d'un "shutdown" partiel qui pourrait s'étendre dans le temps. Ce conflit est principalement dû aux divergences marquées entre démocrates et républicains concernant les politiques de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE).
Des milliers de fonctionnaires vont se retrouver en chômage technique en raison de cette impasse, tandis que d'autres, considérés comme indispensables, devront poursuivre leur travail sans salaire jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé au sein du Congrès. Ce blocage pourrait audacieusement perturber les contrôles dans les aéroports et freiner la réponse aux catastrophes naturelles.
Les démocrates justifient leur position en critiquant les excès de l'ICE. Ce débat intense a été exacerbé par des circonstances tragiques, notamment l’assassinat de deux Américains par des agents fédéraux. Hakeem Jeffries, chef des démocrates à la Chambre, a déclaré : "Les dollars des contribuables devraient servir à améliorer la vie des Américains, pas à leurs préjudices".
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a dénoncé la tactique de l'opposition, dénonçant des motivations politiques derrière ce blocage. Toutefois, le sénateur démocrate John Fetterman a exprimé des réserves concernant la paralysie, arguant qu'elle n'aurait "littéralement aucun impact" sur l'ICE grâce à un financement antérieur encore valide.
Des agences comme la FEMA, en charge de l'assistance après sinistre, sont également menacées par cette crise. La Transportation Security Administration (TSA) a prévenu que des conséquences sévères pourraient survenir dans les aéroports en raison de la pénurie de personnel.
Pour faire adopter un projet de budget, le Sénat américain exige 60 voix. Même avec une majorité, les républicains doivent négocier avec les démocrates pour avancer. Ces derniers ont mis en avant des conditions précises, demandant l'abolition de certaines pratiques de l'ICE, y compris des patrouilles discrètes et l'exigence d'un mandat judiciaire avant toute arrestation.
Bien que la Maison Blanche ait proposé une stratégie alternative cette semaine, les négociations semblent stagnantes, un échec décrit par Leavitt. Les parlementaires ont pris une pause d'une semaine, mais un retour à Washington est possible si les discussions progressent rapidement.
Ce blocage représente le troisième du second mandat de Donald Trump, avec un précédent en février sur des enjeux similaires à ceux de l'ICE, et un précédent record de 43 jours l'année dernière.







